Une affiche avec le mot « Grève » imprimé en arabe. Photo ANI
L’Association des employés de l’Administration publique libanaise a annoncé une grève jeudi dans l’ensemble des administrations publiques et des institutions officielles, afin de contester « l'indifférence » du gouvernement concernant les revendications des fonctionnaires et « l'humiliation » à laquelle ils sont, selon eux, soumis.
La grève est organisée, selon un communiqué de l'association syndicale, à la lumière de « l’indifférence flagrante manifestée par le gouvernement » concernant les droits des employés du public, principalement ceux liés aux salaires. Ils ont souligné que le « délai » réclamé par l'exécutif pour examiner les revendications des employés avait expiré et qu'en conséquence, un « arrêt total de travail » sera observé dans toutes les administrations publiques et institutions officielles, le jeudi 23 octobre. Une conférence de presse aura lieu le même jour à l'initiative du « Rassemblement des syndicats des employés du secteur public ».
« Les fonctionnaires ne peuvent plus supporter l’humiliation et la privation. Les salaires sont devenus dérisoires, les services sont inexistants, les administrations s’effondrent, les accusations de corruption et de négligence se multiplient — et les responsables continuent d'être de simples spectateurs. » Cette grève sera donc un « cri de colère face à une autorité qui fait la sourde oreille depuis des années. »
En juillet et début août, des fonctionnaires avaient organisé des grèves après que le gouvernement avait approuvé une série d’augmentations salariales pour plusieurs catégories de hauts responsables — des hausses qualifiées de « méprisantes » par plusieurs syndicats du secteur public, puisque les salaires des employés n’ont toujours pas été rétablis à leur niveau d’avant la crise de 2019, quand la livre libanaise a été lourdement dévaluée.
La question des salaires du secteur public est l’un des enjeux les plus épineux pour le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, formé en février dernier. Bien que les salaires n’aient pas été ajustés de façon suffisante pour compenser l’effondrement de la livre, certains observateurs estiment que l’administration civile libanaise compte trop d’employés, manque d’efficacité et coûte trop cher.
Avant la crise, les salaires du secteur public représentaient un tiers du budget de l’État, alors estimé à environ 15 milliards de dollars. Le nombre exact de fonctionnaires dans l’administration publique n’est pas précisément connu, mais certaines sources l’évaluent entre 200 000 et 300 000 personnes, forces armées comprises.

