Camille Dory Chamoun, chef du Parti national libéral (PNL) et petit-fils de l'ancien président Camille Chamoun, sur le plateau de "Sar el Wa'et", le 16 octobre 2025. Capture d'écran
Des tensions ont éclaté jeudi soir dans les studios de la MTV, lors de l'émission « Sar el Wa'et » du présentateur-vedette Marcel Ghanem, lorsqu'un homme présent dans le public a proposé de renommer la Cité sportive Camille Chamoun du nom de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par une frappe israélienne en septembre 2024. Des propos lancés alors que l'émission recevait Camille Dory Chamoun, petit-fils de l'ancien président de la République, ce qui n'a pas manqué de susciter la colère des partisans de M. Chamoun présents dans la salle.
Des cris et des insultes se sont élevés, un homme ayant été sur le point d'en venir aux mains avec l'auteur de la proposition polémique. Une personne dans le public aurait par ailleurs effectué un geste insultant qui n'a pas été montré par les caméras, poussant le présentateur à intervenir pour calmer les uns et les autres. La situation est restée toutefois sous contrôle et le personnel de sécurité n'a pas été obligé de faire sortir des gens du studio. « Vous ne pouvez pas changer les noms des villes ou des universités. Il y a une histoire dans le pays qu'on ne peut pas changer », a déclaré le présentateur.
Inaugurée en grande pompe le 12 octobre 1957 en présence de Camille Chamoun, la Cité sportive, située dans la banlieue sud de Beyrouth, a connu des hauts et des bas au fil des ans. Après des débuts flamboyants, la structure a été endommagée lors de la guerre civile, puis reconstruite dans les années 1990, avant de retomber à nouveau dans la décrépitude, avec la crise économique de 2019. La Cité sportive a accueilli les funérailles de Hassan Nasrallah en février 2025, ainsi qu'un rassemblement de scouts du Hezbollah le week-end dernier.
« Le président Camille Chamoun a rassemblé tous les Libanais. Lorsqu'il a bâti la Cité sportive, c'était pour favoriser le sport et la culture, et non pour en faire un espace pour rendre hommage à l'Iran », a déclaré Camille Dory Chamoun, chef du Parti national libéral (PNL). « Ce que vous avez dit est honteux pour la mémoire du grand chef qui a bâti le Liban et qui en a fait la perle du Moyen-Orient, tandis que la personne dont vous parlez et dont vous voulez mettre le nom sur la Cité sportive a détruit le Liban », a-t-il poursuivi.
« Une plateforme de dialogue »
Réagissant à l'incident, un des responsables de l'émission qui a demandé à ne pas être nommé explique que « les propos de l'homme présent dans le public ont provoqué les participants, mais Marcel Ghanem a calmé la situation ». « Notre émission est une plateforme de dialogue ouverte à tous et permet d'exprimer tous les avis », indique-t-il.
Après la chute du régime syrien en décembre dernier, et avec l'affaiblissement du Hezbollah par la guerre de treize mois qui l'a opposé à l'État hébreu, les autorités libanaises ont rebaptisé en août dernier l'avenue Hafez el-Assad à Beyrouth du nom du musicien Ziad Rahbani, décédé fin juillet. L’ancienne « avenue Hafez el-Assad » qui traverse Mdeirej, Hammana et Bzebdine, dans le Haut-Metn (caza de Baabda), est devenue, elle, en décembre dernier, « l’avenue de la Liberté ».



Provocation inutile qui révèle un communautarisme excessif. On ferait mieux de réfléchir à l'attribution des noms des rues et des numéros d'immeubles.
11 h 37, le 20 octobre 2025