Un garçon palestinien marche en portant un morceau de planche de bois, pendant le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, à Gaza, le 16 octobre 2025. REUTERS /Ebrahim Hajjaj
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne a rencontré jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, des diplomates pour présenter un plan de reconstruction de la bande de Gaza, bien que la gouvernance future du territoire ravagé par la guerre reste floue. « J'aimerais croire que d'ici douze mois, l'Autorité palestinienne sera pleinement opérationnelle à Gaza », a déclaré Mohammad Mustafa, quelques jours après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis.
Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, à l'issue d'affrontements avec ses opposants politiques, principalement le Fatah, le parti du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Depuis, l'Autorité palestinienne continue de fournir des services publics, même partiellement, dans le territoire, et certains de ses fonctionnaires ont continué d'occuper leur poste dans l'administration mise en place par le Hamas quand d'autres l'ont quittée.
Le plan pour Gaza présenté par l'administration Trump ne ferme pas la porte à la création d'un Etat palestinien et envisage un rôle pour l'Autorité palestinienne, tout en exigeant qu'elle se réforme. Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'oppose à la création d'un Etat palestinien et a quasiment rejeté l'idée que l'Autorité palestinienne administre Gaza après la guerre.
M. Mustafa a déclaré que l'Autorité palestinienne avait élaboré un plan de reconstruction de Gaza, en trois phases et sur cinq ans, d'un coût de 65 milliards de dollars pour 18 secteurs, dont le logement, l'éducation, la gouvernance. Ce plan s'appuie sur les décisions prises lors d'un sommet des pays arabes au Caire en mars.
M. Mustafa a rappelé que c'est dans ce cadre que l'Egypte et la Jordanie formaient déjà des policiers palestiniens. « Notre vision est claire », a-t-il affirmé jeudi devant une assemblée de ministres palestiniens, de chefs d'agences de l'ONU et de diplomates. « Gaza doit être reconstruite comme une partie ouverte, connectée et prospère de l'Etat de Palestine », a-t-il ajouté.
L'Autorité palestinienne, qui a maintenu sa présence dans la bande de Gaza, depuis la Cisjordanie, via des réparations des réseaux d'eau et d'électricité, a commencé à planifier l'après-guerre dès les premiers jours du conflit. Mohammad Mustafa, ancien cadre de la Banque mondiale et ex-directeur d'un fonds d'investissement palestinien, a indiqué que des discussions techniques étaient également en cours avec l'Union européenne.
L'UE, l'un des principaux bailleurs de l'Autorité palestinienne, a annoncé lundi qu'elle allait redémarrer sa mission de surveillance au poste-frontière de Rafah, point de passage stratégique entre Gaza et l'Egypte. Au final, le plan de l'Autorité palestinienne doit « renforcer l'unité politique et territoriale entre Gaza et la Cisjordanie, et contribuer à restaurer un cadre de gouvernance crédible pour l'Etat de Palestine », a résumé M. Mustafa.


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