Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid, lors d'une réunion à Washington, en octobre 2025. Photo BDL.
Le ministre des Finances, Yassine Jaber, et le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid, ont tous deux communiqué séparément sur les réunions qu'ils ont eues à Washington, où ils faisaient partie de la même délégation représentant le gouvernement et la présidence aux réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).
Accompagné par les vice-gouverneurs Salim Chahine et Gaby Chnouzian, ainsi que par le président de la Commission de contrôle des banques, Mazen Soueid, le gouverneur a indiqué avoir participé à une série de réunions avec des responsables du FMI, dont l’équipe chargée du dossier libanais dirigée par Ernesto Ramirez Rigo, avec le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds, l’ancien ministre des Finances libanais Jihad Azour, et le directeur général adjoint du FMI, l’ancien ministre jamaïcain Nigel Clark.
« Les discussions ont porté sur le cadre proposé par la BDL pour la restructuration du secteur bancaire, qui s’inscrit dans une approche globale pour le Liban visant à réduire le déficit du bilan de la banque centrale et à garantir le remboursement intégral et progressif des dépôts légitimes selon un calendrier précis », indique un communiqué relayé par le service de presse de la BDL. Le gouverneur évoque des réunions « constructives et positives », marquées par « des progrès modérés mais satisfaisants » concernant le cadre général de la résolution bancaire.
Le Liban démarche le FMI depuis 2020 pour tenter de souscrire à un programme d'assistance financière conditionné à la mise en œuvre de réformes. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en début d'année, a relancé le processus qui avance au ralenti depuis plusieurs mois. Selon nos informations, la BDL et le FMI ne sont pas fondamentalement en accord sur la question de la hiérarchie des responsabilités dans le cadre de la restructuration bancaire, le FMI exigeant que les actionnaires des banques soient pleinement mis à contribution avant que les dépôts ne soient éventuellement ponctionnés.
Le gouverneur doit également se réunir « avec plusieurs conseillers économiques de la Maison-Blanche, ainsi qu’avec une équipe élargie du département du Trésor américain », pour aborder des « questions liées à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ».
Le ministre Jaber a annoncé, pour sa part, avoir été informé par le Fonds arabe pour le développement économique et social de sa disposition à contribuer à hauteur de 120 millions de dollars au fonds de reconstruction lancé par la Banque mondiale, dont le plafond atteint un milliard de dollars. La Banque mondiale a récemment accordé un prêt de 250 millions de dollars au Liban pour financer ce fonds destiné à réparer les dégâts provoqués par les bombardements israéliens lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah.
Le ministre a également participé à une réunion regroupant les ministres arabes des Finances et les banques centrales, en présence de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et de ses adjoints. Il s’est aussi entretenu avec des représentants de la Société financière internationale (IFC), la branche privée de la Banque mondiale, puis avec le ministre norvégien de la Coopération et du Développement international, Åsmund Grøver Aukrust, qui s’est rendu cette année au Liban.
M. Jaber a enchaîné avec d’autres réunions avec des responsables du Conseil de l’Atlantique (Atlantic Council), ainsi qu’avec des représentants du département du Trésor américain. Il a également participé à une rencontre organisée par le directeur exécutif du FMI pour la région arabe, ainsi qu’à une autre à l’invitation du groupe arabe de coopération, réunissant les ministres arabes des Finances, les présidents des fonds arabes et islamiques et des représentants de l’OPEP, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.


