Rencontre entre le président Joseph Aoun (à droite) et le commandant de la FINUL, le général Diodato Abagnara, au palais de Baabda le 16 octobre 2025. (Crédit : Présidence libanaise sur X)
Le commandant en chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général Diodato Abagnara, a assuré jeudi au président Joseph Aoun que la réduction progressive des effectifs de la force, en raison des coupes budgétaires et de la fin annoncée de son déploiement, « n’affectera pas la coordination existante » entre les Casques bleus et l'armée libanaise.
M. Abagnara a fait cette déclaration lors d’une réunion avec le chef de l'Etat au palais de Baabda. La réduction de 25 % du nombre de Casques bleus dans le monde, annoncée la semaine dernière, n’« affectera ni la coordination existante ni le soutien continu à l’armée libanaise déployée dans la zone des opérations internationales », au sud du Litani, a affirmé le général italien.
Un haut responsable des Nations unies avait annoncé la semaine dernière cette décision, en raison des coupes de Washington dans les budgets versés aux différentes agences de l'ONU et aux ONG. Kandice Ardiel, porte-parole de la Finul, avait dans la foulée mis en garde dans une interview accordée au média émirati Erem News mardi que cette diminution « aura des effets négatifs sur la capacité [de la Finul] à remplir pleinement [son] mandat » dans le sud du Liban.
Soutien du Liban à la 1701
De son côté, le président Aoun a réitéré que les effectifs de l'armée déployés au sud du Litani vont « progressivement augmenter, jusqu'à atteindre 10.000 militaires d'ici la fin de l'année afin d’assurer la sécurité et la stabilité le long de la frontière sud, après le retrait des forces israéliennes des territoires qu’elles occupent. » « L’armée travaillera avec la Finul pour faire appliquer la résolution 1701 dans toutes ses dispositions », donc en désarmant notamment les milices et groupes armés au Liban, et reprendra « la totalité de ses positions » dans la zone, où sont actuellement mobilisés les Casques bleus, a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat a encore réaffirmé « l’importance de la coopération et de la coordination entre l’armée et la Finul, tant sur les plans militaire qu’humanitaire et logistique », soulignant que « le Liban est en contact avec les pays frères et amis pour assurer la coordination de la phase suivant le retrait de la force onusienne. »
M. Abagnara a également été reçu à Aïn el-Tiné par le président de la Chambre, Nabih Berry. Ce dernier a salué « le rôle que jouent les forces internationales » au Liban-Sud, où ils « partagent les sacrifices des habitants face aux agressions israéliennes. » Il a réitéré le soutien du Liban et son attachement à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, appelant la communauté internationale à « assumer ses responsabilités pour contraindre Israël à appliquer les modalités du cessez-le-feu, à mettre fin à ses agressions quotidiennes et à se retirer des territoires qu’il occupe encore ».
En août, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté le renouvellement, pour une dernière année, de la mission de maintien de la paix des Nations unies, en amorçant la cessation progressive de la mission d’ici au 31 décembre 2026, après près de cinquante ans de présence le long de la frontière avec Israël. Cette décision est intervenue après des pressions des États-Unis et de leur proche allié Israël, au moment où le Liban et le Hezbollah se trouvent affaiblis à l’issue d’un conflit de treize mois avec Israël, qui s’est déroulé d’octobre 2023 à novembre 2024.


