Le ministre libanais de l'Intérieur Ahmad Hajjar. Photo ANI
Lors de l'inauguration d'un nouveau centre de la Défense civile à Barja, dans le Chouf, le ministre libanais de l'Intérieur Ahmad Hajjar a assuré jeudi que son ministère est engagé à organiser les élections législatives à leur date constitutionnelle, en mai 2026, et a déjà lancé les préparatifs nécessaires.
Dans son allocution, M. Hajjar a souligné que les élections se tiendront « conformément aux plus hauts standards de transparence, d’impartialité et d’intégrité ». Il a espéré que « cette échéance tant attendue soit une fête nationale unificatrice et le point de départ d’un avenir nouveau et lumineux pour le Liban ».
Ses propos ont été tenus alors que depuis plusieurs mois, le bras de fer autour de la question du vote des expatriés polarise la scène politique et fait craindre un report du scrutin. À l'instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l'étranger, certains partis veulent amender la loi électorale de 2017 afin de garantir aux expatriés libanais le droit de voter, dans leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés de la métropole, chacun dans sa circonscription d’origine. D'autres formations, en tête le tandem chiite Amal et Hezbollah, s’y opposent, préférant maintenir tel quel l’article 112, qui prévoit la création d’une circonscription spéciale pour les expatriés, composée de six sièges, qui viendraient s'ajouter aux 128 actuels. Depuis l'adoption de la loi électorale, cette modalité n'a jamais été mise en oeuvre et la loi avait été amendée afin de suspendre temporairement l'article 112.
Ahmad Hajjar a par ailleurs affirmé que « le gouvernement est déterminé à affirmer l’autorité et la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire national, exclusivement par ses propres moyens ». Il a encore déclaré que « le Liban œuvre, par tous les moyens et voies diplomatiques possibles, à obtenir le retrait de l’ennemi israélien du dernier pouce de notre chère terre du Sud, à mettre fin à ses agressions quotidiennes et à ramener les prisonniers dans le giron de la patrie ».
Le gouvernement a consacré, dans une décision prise début août, la restauration du monopole de l’État sur les armes et chargé l’armée d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de désarmement. Le Hezbollah, qui a accepté fin novembre 2024 un cessez-le-feu avec Israël mettant fin à 13 mois de combats, refuse quant à lui de remettre ses armes, du moins tant que l’armée israélienne occupe encore six points qu'elle juge « stratégiques » le long de la frontière et poursuit des frappes quasi-quotidiennes sur le pays et détient plusieurs personnes enlevées dans le Sud.


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