Le défenseur italien #22 Giovanni Di Lorenzo (à gauche) se dispute le ballon avec le milieu israélien #15 Eliel Peretz lors du match de qualification du groupe I pour la Coupe du monde FIFA 2026 entre l’Italie et Israël, au stade Bluenergy d’Udine, dans le nord-est de l’Italie, le 14 octobre 2025. Photo AFP/STEFANO RELLANDINI
La manifestation propalestinienne qui a rassemblé mardi plusieurs milliers de manifestants à Udine (nord-est) avant le match Italie-Israël remportée 3 à 0 par la Nazionale, a été marquée en fin de cortège par des heurts avec la police.
La police a utilisé des engins lanceurs d'eau pour disperser plusieurs dizaines de manifestants, certains équipés de bâtons, qui ont voulu sortir de la zone prévue pour la manifestation pour se diriger vers le stade, théâtre d'une rencontre capitale de qualification pour le Mondial-2026.
Les manifestants, habillés de noir, ont également fait usage de pétards et de fumigènes, puis ont incendié des poubelles dans les rues, avant d'être stoppés, et pour certaines interpelés, par des policiers portant des tenues anti-émeute, a constaté un journaliste de l'AFP.
Selon l'agence AGI, une journaliste de la Rai a été blessée à la tête, mais son pronostic vital n'est pas engagé.
Ces incidents se sont déroulés à l'issue de la manifestation qui a rassemblé, dans un premier temps, dans le calme plusieurs milliers de personnes venues de toute l'Italie.
Un imposant dispositif de sécurité avait été déployé pour encadrer les manifestants portant des drapeaux palestiniens, des affiches dénonçant "la mort de 200.000 enfants" ou arborant, référence au football, des cartons rouges "contre le génocide".
Hymne sifflé
Même si la première phase du plan de paix à Gaza a été menée à bien avec la libération d'otages israéliens lundi, les manifestants sont restés mobilisés, s'est réjouie une représentante du comité Palestine d'Udine, l'une des associations qui a appelé à manifester avec plus de 300 organisations, syndicats et groupes.
"Nous sommes bien sûr heureux que les bombardements aient pris fin (...) Notre message ne concerne pas uniquement ce qui se passe à Gaza, nous sommes aussi opposés aux politiques d'occupation et d'apartheid qui impactent tous les Palestiniens", a expliqué à l'AFP Carolina qui n'a pas souhaiter donner son nom de famille.
"Il n'y a plus de bombardements et cela nous réjouit, mais les problèmes avec ce plan de paix est qu'on ne parle pas d'un Etat palestinien", a regretté de son côté Amer Hasan, un Palestinien de 61 ans qui vit en Italie depuis quarante-deux ans.
"Ce match ne devrait pas avoir lieu, car cette équipe représente un pays qui commet un génocide", a-t-il estimé.
A plusieurs kilomètres du centre-ville, dans un stade dont les abords ont été transformés en zone de haute-sécurité, l'Italie a décroché une victoire capitale grâce à un doublé de Mateo Retegui (45e+2, 74e) et Gianluca Mancini (90e+3).
Le match s'est disputé devant un peu moins de 10.000 spectateurs, dont une centaine de supporters israéliens. L'hymne israélien a été sifflé avant le coup d'envoi de la rencontre. Une spectatrice qui a tenté de déployer un drapeau palestinien a été évacuée par des stewards.
Grâce à cette quatrième victoire consécutive, la quatrième en autant de matches sous la direction de Gennaro Gattuso, l'Italie est assurée de terminer au minimum 2e du groupe I et donc de disputer les barrages, qui lui ont été fatals pour les Coupes du monde 2018 et 2022.
"On avait beaucoup à perdre, mais l'équipe a bien négocié un rendez-vous qui était compliqué, avec un contexte pas facile", a analysé Gattuso au micro de la Rai.
La Nazionale peut théoriquement encore finir première et se qualifier directement pour la prochaine Coupe du monde, mais elle doit remporter ses deux derniers matches et marquer beaucoup de buts pour dépasser la Norvège, leader avec 18 points et une différence de buts nettement favorable (+26, contre +10).


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