Un homme traverse une rue à Téhéran, le 13 octobre 2025. Photo Atta Kenare/ AFP
L'Iran a défendu mardi son absence au sommet sur Gaza, tenu en Égypte et co-présidé par le président américain Donald Trump, affirmant que le pays n'avait pas raté une « opportunité » sur la scène diplomatique.
De nombreux médias iraniens ont critiqué ces derniers jours la décision de Téhéran de décliner l'invitation de l'Egypte à participer lundi à ce sommet organisé dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh.
Mardi, le journal réformateur Shargh a ainsi estimé que l'absence de l'Iran à l'évènement témoignait d'une « passivité, d'un manque d'initiative et d'une perte d'opportunités » en matière de politique étrangère. Pour sa part, le journal Ham Mihan, qui cite un ancien diplomate, écrit que Téhéran aurait dû prendre part aux négociations, car « la question de la Palestine et l'avenir de Gaza sont liés à l'Iran ».
Réagissant à ces prises de position, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a défendu mardi la décision de l'Iran et assuré que participer à de tels rassemblements « sans calculs précis » pourrait « nuire à la position du pays ».
« Nous avons subi une attaque illégale et criminelle de la part des États-Unis en juin, le régime sioniste a également joué un rôle dans cette action, avec le feu vert et la coopération des États-Unis », a-t-il ajouté, cité par l'agence de presse Tasnim.
Israël avait lancé le 13 juin une campagne de bombardements sans précédent contre l'Iran, tuant de hauts gradés et des scientifiques liés au programme nucléaire iranien ainsi que des centaines de civils. L'Iran a riposté avec des missiles et des drones lancés contre Israël. La guerre a duré 12 jours.
Sur ordre de Donald Trump, les forces américaines avaient bombardé le 22 juin trois importants centres nucléaires dans le centre de l'Iran.
« Il est naturel que nous ne puissions pas participer à une réunion présidée par un parti qui se vante d'un acte aussi criminel », a indiqué mardi M. Baghaï, en allusion aux États-Unis.
Avec les dirigeants de l'Égypte, du Qatar et de la Turquie, M. Trump a signé une déclaration sur Gaza dans laquelle ils s'engagent à « poursuivre une vision de paix » au Moyen-Orient.


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