Le siège d'Alfa à Furn el-Chebbeik, le 21 août 2024. Photo PHB/L'Orient-Le Jour
Le Conseil des ministres a formé jeudi un comité chargé d’examiner l’avenir du secteur des réseaux mobiles au Liban – à savoir ses deux principaux opérateurs, Alfa et MTC – en coordination avec la toute nouvelle Autorité de régulation des télécommunications (TRA).
Cette décision fait suite à une demande soumise en septembre par le ministère des Télécommunications, sollicitant l’autorisation du gouvernement afin de pouvoir entreprendre les démarches administratives et juridiques nécessaires pour lancer un appel d’offres international en vue de la gestion et de l’exploitation des deux réseaux.
Le réseau mobile libanais, réparti entre deux sociétés anonymes – MIC 1 (Alfa) et MIC 2 (Touch) – est sous gestion publique depuis septembre et octobre 2020, respectivement, sous la tutelle du ministère. Les deux réseaux étaient auparavant opérés par la société égyptienne Orascom (depuis 2009) et la société koweïtienne Zain (depuis 2004), dans le cadre de contrats de gestion arrivés à expiration au plus fort de la crise économique du pays.
En mai 2020, le Conseil des ministres avait chargé le ministère des Télécommunications de préparer un nouveau cahier des charges ainsi que les conditions de souscription et de qualification pour un appel d’offres international visant la gestion et l’exploitation des réseaux cellulaires. La décision prévoyait également le lancement de cet appel d’offres dans un délai de trois mois – ce que le ministère n’a toujours pas fait à ce jour.
« Il n’y a eu aucune réforme, aucun changement, aucun progrès depuis cinq ans. Les deux sociétés n’ont pas réussi à suivre le rythme des avancées technologiques à l’échelle mondiale, a confié à L’OLJ un bon connaisseur du dossier. Alors que tout progresse ailleurs, nous n’avons bénéficié d’aucune formation, pas de 5G, rien. Nous prenons du retard et avons un besoin urgent d’expertise internationale. »
Le comité étudiera les options disponibles – notamment la possibilité de privatiser le secteur ou de relancer des contrats de gestion. Il sera présidé par le vice-Premier ministre Tarek Mitri et comprendra les ministres des Télécommunications Charles Hage, de la Technologie et de l’Intelligence artificielle, des Finances, du Travail, ainsi que de l’Énergie et de l’Eau, en plus de « tout autre ministre souhaitant s’y joindre », selon le décret ministériel.


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