Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani effectue vendredi une visite qu'il a qualifiée "d'historique" au Liban, avec lequel le pouvoir islamiste syrien tente d'ouvrir une nouvelle page après des décennies de tension.
Le ministre est le premier haut responsable syrien à se rendre au Liban depuis la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024.
Sous le clan Assad, la Syrie avait exercé sa tutelle sur le Liban pendant des décennies et était accusée de l'assassinat de nombreux responsables libanais.
"Cette visite historique (..) traduit la nouvelle orientation de la Syrie à l'égard du Liban", a affirmé le ministre dans une déclaration à la presse après une rencontre avec son homologue Youssef Raggi, qui a estimé de son côté que les deux pays s'engagaient dans "une nouvelle voie".
Le ministre syrien a ajouté que les autorités syriennes voulaient s'engageaient à "respecter la souveraineté du Liban" et le principe de "non-ingérence" dans les affaires de leur voisin.
"Nous voulons, avec le Liban, surmonter les obstacles du passé", a-t-il ajouté, assurant que son pays était déterminé à "ouvrir une nouvelle page".
M. Chaibani est notamment accompagné par le ministre de la Justice, le sort des prisonniers syriens au Liban, dont la libération est réclamée par Damas, figurant au centre des discussions.
Un responsable judiciaire libanais qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP qu'environ 2.250 Syriens étaient détenus dans les prisons surpeuplées du Liban.
Le Liban affirme être prêt à remettre à la Syrie environ 700 d'entre eux, mais qu'il est nécessaire auparavant de conclure un nouvel accord judiciaire entre les deux pays.
- Retour des réfugiés -
Le Liban accueille environ 1,3 million de réfugiés syriens, qui ont fui la Syrie après la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir Assad en 2011.
Selon l'ONU, quelque 294.000 de ces réfugiés au Liban ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad.
M. Chaibani a affirmé que son pays étudiait actuellement "des plans avec un soutien international pour un retour digne" des réfugiés.
Le ministre a été reçu par le président libanais Joseph Aoun et a également rencontré le Premier ministre Nawaf Salam, qui s'était rendu en avril en Syrie.
Il avait alors été reçu par le président syrien intérimaire, Ahmad al-Chareh, qui avait promis que son pays n'exercerait plus "une influence négative" au Liban.
Les deux parties doivent également évoquer la démarcation de leur frontière poreuse pour lutter notamment contre la contrebande.
Après la chute de Bachar al-Assad, les routes d'approvisionnement du Hezbollah pro-iranien, allié du pouvoir syrien déchu, ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon les autorités syriennes.
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