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Politique - Conflit

Le Liban a arrêté au cours des derniers mois 32 personnes pour intelligence avec Israël

« Neuf personnes ont été jugées par le tribunal militaire », dont deux condamnés à des peines de huit ans et sept ans de travaux forcés, selon un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat.

Des partisans du Hezbollah se rassemblent sur le lieu où le défunt chef du groupe, Hassan Nasrallah, a été tué, avant le premier anniversaire de son assassinat lors d'une frappe aérienne, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 26 septembre 2025. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Au cours des derniers mois, les autorités libanaises ont arrêté 32 personnes, reconnues coupables ou suspectées d’avoir transmis des informations à Israël visant à frapper des dirigeants du Hezbollah, a indiqué mercredi un responsable judiciaire à l’AFP. La formation pro-iranienne, affaiblie par la guerre qui s’est achevée en novembre 2024, a notamment perdu son chef et plusieurs de ses principaux commandants militaires, tués lors de frappes israéliennes ciblées.

Avant de lancer une guerre ouverte de deux mois contre le Hezbollah, le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, avait mené en septembre 2024 une attaque inédite aux bipeurs explosifs contre des membres du parti chiite. Selon les autorités libanaises, cette opération avait fait 39 morts et des milliers de blessés, paralysant temporairement le système de communication du groupe.

Selon le responsable judiciaire, qui a requis l’anonymat, « au moins 32 personnes ont été arrêtées pour soupçons de collaboration avec Israël, dont six avant la proclamation du cessez-le-feu » entre le Hezbollah et l’armée israélienne, le 27 novembre 2024. Le Liban et Israël étant officiellement en état de guerre, tout contact avec l’ennemi est passible de prison.

Lors de leur interrogatoire, certains suspects ont reconnu avoir « fourni des informations à Israël pendant la guerre dans le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth », a précisé le responsable. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait lui-même été tué le 27 septembre 2024 dans une frappe israélienne spectaculaire visant un bunker ultra secret de la banlieue sud.

Chantre du Hezbollah

Parmi les personnes arrêtées figure un chantre proche du Hezbollah, accusé d’avoir « collaboré avec le Mossad contre de l’argent », selon un autre responsable. L’homme aurait fourni des coordonnées ayant conduit à la mort d’un responsable du Hezbollah et de son fils lors d’une frappe israélienne en avril 2025, plusieurs mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Il aurait également communiqué les noms de nouveaux responsables nommés pour remplacer ceux tués pendant la guerre, facilitant ainsi leur assassinat, d'après la même source.

« Neuf personnes ont été jugées par le tribunal militaire », dont deux condamnées à huit et sept ans de travaux forcés, a indiqué le responsable. Elles ont été reconnues coupables d’avoir « fourni à l’ennemi des coordonnées, des adresses et des noms de responsables du Hezbollah, utilisés ensuite dans des frappes ». Les 23 autres restent sous enquête.

Un responsable de la sécurité a précisé que les interrogatoires ont révélé qu’Israël cherchait à connaître les types de véhicules utilisés par les membres du Hezbollah, vraisemblablement pour guider ses frappes de drones, toujours fréquentes malgré le cessez-le-feu.

Des histoires médiatisées d’espionnage présumé 

Une affaire d'espionnage présumé avait défrayé la chronique en septembre dernier. Condamné par une cour militaire à 15 ans de prison pour « espionnage pour le compte d’Israël », Mohieddine Hassané a été relâché par la Cour militaire de cassation le 28 août 2025 au bout de 22 mois de détention. Deux semaines après sa libération, il s’est exprimé à la télévision libanaise Al Jadeed pour donner sa version des faits, assurant qu’il a été acquitté de l’accusation de collaboration avec Israël, la cour ayant uniquement « retenu une peine correspondant à la durée déjà effectuée pour exercice d’activité sans licence », en référence à son emploi au sein d’une entreprise américaine. Cet ingénieur en télécommunications avait été arrêté le 14 décembre 2023 par les gardes du président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, un peu plus de deux mois après l’ouverture du front de soutien avec Gaza par le Hezbollah qui a marqué le début du dernier conflit avec Israël.

Certains médias locaux proches du Hezbollah, de même que les réseaux sociaux qui l’ont affublé du titre d’«espion», accusent Mohieddine Hassané d’avoir ouvert la voie à l’attaque meurtrière des bipeurs le 17 septembre 2024 menée par Israël au Liban, ayant principalement ciblé les cercles du parti chiite.

Par ailleurs en janvier 2025, quatre Libanais accusés de travailler pour les renseignements israéliens, trois du Liban-Sud et le quatrième de la Békaa, avaient été arrêtés. Le chercheur Mohanad Hage Ali au think tank Carnegie pour le Moyen-Orient, avait alors observé que « le Hezbollah était très infiltré et commençait tout juste à en découvrir l’ampleur ». Le chercheur avait ajouté que « des responsables du parti avaient également été arrêtés pour soupçons de collaboration ».

En octobre 2024, un homme possédant la double nationalité américaine et israélienne, Joshua Samuel Tartakovsky, avait été arrêté dans la banlieue sud de Beyrouth. Remis aux services de renseignement de l’armée, il a été expulsé, selon deux responsables judiciaires et de sécurité libanais. L'homme s'était rendu dans ce bastion du parti chiite, pilonné par l'aviation israélienne, se présentant comme un « partisan du Hezbollah et de Gaza », qui voulait informer le parti chiite « des tactiques de l'armée israélienne ».

Et en septembre de la même année, c’est un ancien combattant du Hezbollah et ex-infirmier qui travaillait à l’hôpital Rassoul el-Aazam dans la banlieue sud de Beyrouth, qui a été arrêté pour suspicion d’espionnage au profit d’Israël. Selon le quotidien al-Akhbar proche du Hezbollah, l’infirmier a fourni à « ses employeurs israéliens des informations sécuritaires, des photos et des coordonnées avant d’être arrêté par les FSI le 20 février à Kharayeb, un village du caza de Saïda au Liban-Sud ».

Au cours des derniers mois, les autorités libanaises ont arrêté 32 personnes, reconnues coupables ou suspectées d’avoir transmis des informations à Israël visant à frapper des dirigeants du Hezbollah, a indiqué mercredi un responsable judiciaire à l’AFP. La formation pro-iranienne, affaiblie par la guerre qui s’est achevée en novembre 2024, a notamment perdu son chef et plusieurs de ses principaux commandants militaires, tués lors de frappes israéliennes ciblées.Avant de lancer une guerre ouverte de deux mois contre le Hezbollah, le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, avait mené en septembre 2024 une attaque inédite aux bipeurs explosifs contre des membres du parti chiite. Selon les autorités libanaises, cette opération avait fait 39 morts et des milliers de blessés, paralysant...
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