Le président palestinien Mahmoud Abbas vote lors des élections du nouveau comité central du Fatah, à l'occasion de leur huitième congrès général, qui s'est tenu à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 16 mai 2026. Photo Thaer GHANAIM / Bureau de presse de l'Autorité palestinienne (PPO) via AFP
Yasser Abbas, le fils aîné du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a été élu membre du puissant comité central du Fatah, selon des résultats préliminaires du scrutin consultés dimanche.
Le vote s'est tenu à l'issue du 8e congrès général du mouvement nationaliste, un événement organisé simultanément à Ramallah, Gaza, au Caire et à Beyrouth.
Homme d'affaires de 64 ans gérant plusieurs entreprises dans les Territoires palestiniens, Yasser Abbas réside la majorité de son temps au Canada.
Son apparition sur l'échiquier politique remonte à il y a cinq ans, lorsqu'il avait été nommé « représentant spécial » par son père.
Selon les résultats préliminaires publiés dans la nuit de samedi à dimanche et consultés par l'AFP, Marouane Barghouti, figure emblématique du mouvement et incarcéré en Israël depuis 2002, a non seulement conservé son siège au sein de l'instance dirigeante, mais a également récolté le plus grand nombre de suffrages.
L'ancienne garde a également sauvé ses sièges : c'est le cas du vice-président de l'Autorité palestinienne et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein Al-Cheikh, du vice-président du Fatah, Mahmoud Al-Aloul, de l'ancien secrétaire général Jibril Rajoub, et de l'ex-chef du renseignement, Taoufik al-Tiraoui.
Parmi les nouveaux membres élus au comité figurent le chef des services de renseignement palestiniens, Majed Faraj. Il est rejoint par Zakaria Zubeidi, 50 ans, l'un des dirigeants des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, la branche armée du Fatah, dans le camp de réfugiés de Jénine.
M. Zubeidi a été libéré d'une prison israélienne à la faveur d'un accord d'échange de prisonniers conclu l'an dernier entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
Par ailleurs, deux femmes siègent désormais au comité directeur : la gouverneure de Ramallah, qui y fait son entrée pour la première fois, tandis qu'une seconde a été réélue.
La direction du congrès a fait état d'un taux de participation au scrutin de 94,64 %, avec un total de 2.507 votants.
Cinquante-neuf membres ont candidaté pour seulement 18 sièges au sein du comité central, tandis que 450 prétendants briguaient les 80 sièges du Conseil révolutionnaire, le Parlement du Fatah.
Les résultats définitifs seront officialisés dimanche lors d'une conférence de presse à Ramallah.
Les travaux du congrès général du Fatah s'étaient ouverts jeudi et ont été marqués par la réélection de Mahmoud Abbas à la tête du mouvement.
M. Abbas, 90 ans, tient les rênes du Fatah, de l'Autorité palestinienne et de l'OLP depuis plus de deux décennies.
Lors du sommet arabe extraordinaire du Caire le 4 mars dernier, le président s'était solennellement engagé à « restructurer les structures dirigeantes de l'État palestinien et à injecter du sang neuf dans l'OLP, le Fatah et les institutions de l'État », amorçant dans la foulée plusieurs remaniements au sein des appareils de sécurité.
Ces manœuvres répondent à une pression internationale croissante, alors que l'Autorité est minée par des accusations de corruption chronique et un déficit de légitimité démocratique.
Les restructurations s'inscrivent notamment dans le cadre du plan de paix en vingt points pour la bande de Gaza promu par le président américain Donald Trump, qui envisage, à terme, de confier la gouvernance de l'enclave à une Autorité palestinienne profondément renouvelée.
De son côté, Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé à plusieurs reprises que l'Autorité palestinienne et le Fatah n'auraient aucun rôle à jouer dans la gouvernance de Gaza à l'issue de la guerre.


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