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Société - Justice

Fadl Chaker se rend à l’armée : les dessous de l'affaire

Des garanties sécuritaires et des interventions de la part de pays arabes ont convaincu le chanteur de se livrer aux autorités.

Fadl Chaker se rend à l’armée : les dessous de l'affaire

Le chanteur et ex-salafiste Fadl Chaker lors d'un rassemblement politique à Beyrouth, en 2012. Photo d'archives AFP

Fadl Chaker, le célèbre crooner libanais devenu salafiste qui avait été condamné par contumace en 2020 à 22 ans de prison pour avoir soutenu et financé le prédicateur islamiste Ahmad el-Assir et ses hommes qui avaient affronté l’armée libanaise en 2013, s’est livré aux autorités, rapporte samedi l’Agence nationale d’information.

M. Chaker s’est rendu aux services de renseignements de l’armée à l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud, près de Saïda, où il vivait en cavale depuis plusieurs années. Sa reddition serait le résultat de pressions et menaces qui auraient été exercées contre lui ces derniers mois dans le camp, en raison de son retour dans le domaine musical et de la sortie de son dernier album, selon plusieurs médias locaux. Selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah, un convoi de sécurité spécial, composé de plusieurs véhicules, est arrivé samedi au point de contrôle de Hesba pour le prendre en charge avant de le transférer directement au ministère de la Défense à Yarzé, dans le cadre d’un accord prévoyant le règlement de son dossier en vue de sa libération ultérieure ou son extradition hors du Liban.

Toujours selon les informations de notre correspondant, cette médiation a été rendue possible grâce à des garanties sécuritaires et à des interventions extérieures, qui ont convaincu M. Chaker de se livrer après des années passées dans un secteur sécurisé qu’il avait établi à l’intérieur du camp de Aïn el-Héloué, où il vivait dans sa maison abritant également un studio d’enregistrement personnel. Le chanteur a quitté son domicile en empruntant l’un des passages contrôlés par un groupe islamiste, avant d’arriver au point de contrôle de l’armée libanaise, où il a été remis aux militaires.

Dans un communiqué publié dimanche matin, le commandement de l’armée libanaise a confirmé la reddition de l’artiste. « Vendredi soir, suite à une série de contacts entre l’armée et les parties concernées, le prévenu Fadl Abdel Rahmane Chmandar, connu sous le nom de « Chaker », s’est rendu à une patrouille des services de renseignements à l’entrée du camp de Aïn el-Héloué à Saïda », rapporte le texte. L’armée rappelle que cette arrestation est placée dans le cadre des événements de Abra (est de Saïda) qui avaient eu lieu en 2013. « Une enquête a été ouverte par le parquet compétent », conclut le communiqué.

Charges « fabriquées »

En 2013, le cheikh Assir et plusieurs salafistes armés avaient mené des combats contre la troupe à Abra, dans la région de Saïda. Les affrontements avaient coûté la vie à 18 soldats et 11 miliciens. Ahmad el-Assir, détenu depuis 2015, a été condamné à mort pour ces affrontements, tandis que l’ancien chanteur, qui était adulé dans le monde arabe, avait écopé de 22 ans de prison en 2020, pour avoir fourni un soutien en armes et munitions au cheikh Assir.Dans un communiqué repris dans la presse le 10 juillet dernier, le chanteur s’est une nouvelle fois posé en victime, clamant son innocence. Il assurait que les charges retenues à son encontre « ont été fabriquées de toutes pièces », attribuant cela à des « règlements de comptes politiques ».

Le chanteur, de son vrai nom Fadl Chmandar, avait mis un terme à sa carrière musicale en 2011, avec le début de la révolution en Syrie contre le régime de Bachar el-Assad, avant de se rapprocher du mouvement salafiste du cheikh Assir. Après une première tentative de retour musical en 2017, qui n’avait pas porté ses fruits, il avait sorti il y a plusieurs mois un nouvel album à succès.Après la chute de Bachar el-Assad le 8 décembre dernier, le chanteur avait publié une chanson dédiée à Damas, avec l’arrivée au pouvoir des islamistes du président intérimaire Ahmad el-Chareh. Fin avril, le syndicat des artistes syriens avait décerné au chanteur le titre de « membre honoraire » en reconnaissance de sa « carrière artistique remarquable » et de son « engagement humanitaire en faveur de la cause du peuple syrien ».

Fadl Chaker, le célèbre crooner libanais devenu salafiste qui avait été condamné par contumace en 2020 à 22 ans de prison pour avoir soutenu et financé le prédicateur islamiste Ahmad el-Assir et ses hommes qui avaient affronté l’armée libanaise en 2013, s’est livré aux autorités, rapporte samedi l’Agence nationale d’information.M. Chaker s’est rendu aux services de renseignements de l’armée à l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud, près de Saïda, où il vivait en cavale depuis plusieurs années. Sa reddition serait le résultat de pressions et menaces qui auraient été exercées contre lui ces derniers mois dans le camp, en raison de son retour dans le domaine musical et de la sortie de son dernier album, selon plusieurs médias locaux. Selon les informations de...
commentaires (2)

Son seul reproche la défense de centaines de milliers de Syriens tues par Bachar Hezbollah et Iran !Sans oublier 12 millions de réfugiés dans le monde plus que la seconde guerre mondiale ! Tout le monde complice ou lâche sauf lui et Cheikh Assir !

Adnan

06 h 46, le 08 octobre 2025

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Commentaires (2)

  • Son seul reproche la défense de centaines de milliers de Syriens tues par Bachar Hezbollah et Iran !Sans oublier 12 millions de réfugiés dans le monde plus que la seconde guerre mondiale ! Tout le monde complice ou lâche sauf lui et Cheikh Assir !

    Adnan

    06 h 46, le 08 octobre 2025

  • Son crime était d’avoir maudit Bachar Assad en plain concert.

    Michael

    15 h 41, le 06 octobre 2025

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