Esmaïl Qa'ani, chef de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique, s'exprime lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur de Qassem Soleimani à Téhéran en janvier 2024. Photo Atta Kenare/AFP.
Le chef de la force iranienne d’élite Al-Quds des gardiens de la révolution, Esmaïl Qaani, a révélé samedi que l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, n'avait pas été tué uniquement par les bombes puissantes utilisées lors de l'attaque israélienne massive, mais aussi par des produits chimiques, qualifiant cela de « crime de guerre manifeste ».
Hassan Nasrallah a été tué le 27 septembre 2024, à 18 h 21, par des attaques israéliennes particulièrement puissantes sur la banlieue sud de Beyrouth. Ce jour-là, à l’aide de plus de 80 bombes larguées en quelques secondes, Israël a atteint le bunker souterrain de Nasrallah au niveau d’un bloc de six bâtiments, identifié comme le centre de commandement du Hezbollah. C'est la première fois que cette théorie de l'utilisation de produits chimiques est évoquée.
Dans une interview télévisée diffusée par l'agence iranienne Tasnim, Esmaïl Qaani est revenu sur les préparatifs confidentiels de l'attaque du Hamas du 7-Octobre 2023 et sur le fait que de nombreuses figures de premier rang de l'axe pro-iranien, dont Ismaïl Haniyé et Hassan Nasrallah, n'étaient pas au courant du timing et des détails de cette attaque. « Ni nous, ni Hassan Nasrallah ni même les dirigeants du Hamas n’étaient informés de la date exacte du lancement de cette opération. Lorsque l’annonce de son début à Gaza a été faite, Ismaïl Haniyé était en route vers l’aéroport pour un voyage en Irak, et il a appris que ça avait commencé à son retour », a indiqué M. Qaani.
Malgré tout, le chef du Hezbollah avait « défini avec soin et méthode les étapes nécessaires », a-t-il ajouté, alors que le Hezbollah a ouvert dès le 8 octobre un « Front de solidarité » avec le Hamas à Gaza, en tirant sur Israël depuis le Liban-Sud.
« Nasrallah maîtrisait toutes les dimensions de la guerre »
« Jusqu’à son martyre, le défunt Hassan Nasrallah a affronté le régime sioniste dans la guerre psychologique et militaire avec sagesse et fermeté », a affirmé le général iranien, rappelant notamment les deux semaines après le 8 octobre au cours desquelles il ne s'était pas prononcé de discours. «Pendant cette période, sans même parler, il a terrorisé le régime sioniste et a montré qu’il maîtrisait toutes les dimensions de la guerre, militaire ou psychologique.»
Esmaïl Qaani a dans ce cadre estimé que les « pressions » exercées par le Hezbollah avaient poussé Israël à « déployer un tiers de son armée au sud du Liban. »
« Outre la difficulté des opérations, il était extrêmement difficile de fournir les moyens nécessaires dans de telles circonstances, mais malgré les contraintes existantes, les forces du Hezbollah ont réussi à tenir bon pendant 66 jours face à l'armée de l'entité sioniste soutenue par toutes les puissances mondiales », a-t-il ajouté. Après deux mois d'offensive israélienne élargie sur le Liban, un accord de cessez-le-feu le feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024.
Esmaïl Qaani a encore évoqué le rôle de Hachem Safieddine, successeur éphémère du chef du parti chiite, qu'il a qualifié de « pilier » dans la coopération avec Nasrallah et la gestion des aspects non militaires du parti. Safieddine a été tué dans une gigantesque frappe israélienne survenue dans la nuit du 3 au 4 octobre 2024, dans la banlieue sud de Beyrouth, une semaine après la mort de Nasrallah, à qui il devait succéder à la tête du parti.


Et pourquoi ne pas évoquer également qu’il aurait pu se suicider volontairement puisqu’il était arrivé au fond de son tunnel? Au dire de ses proches, il savait qu’il allait mourrir donc voici, voilà .
01 h 39, le 07 octobre 2025