Des personnes brandissent une banderole contre les bombardements israéliens sur la bande de Gaza palestinienne tandis que d'autres manifestent à Lyon, dans le centre-est de la France, le 18 septembre 2025, lors d'une journée de grèves et de manifestations nationales organisées par les syndicats pour protester contre le budget national français. Photo AFP/OLIVIER CHASSIGNOLE
Une centaine de manifestants propalestiniens qui tentaient de bloquer les accès à l'entreprise d'armement Eurolinks, accusée de vendre des composants militaires en Israël, ont été interpellés jeudi à Marseille, dans le sud-est de la France, a-t-on appris auprès de la préfecture de police.
« Cet après-midi, un groupe d'individus a de nouveau tenté de bloquer le site d'Eurolinks à Marseille », a indiqué la préfecture de Police des Bouches-du-Rhône. « Plus de cent personnes ont été interpellées et placées en garde à vue lors de ce rassemblement non déclaré, pour participation à un attroupement après sommations, et certaines pour dégradations ou violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », a-t-elle ajouté.
Sur les réseaux sociaux, des images filmées par des manifestants montraient des drapeaux palestiniens sur les locaux de l'entreprise, et des inscriptions « Eurolinks assassine les enfants de Palestine », ou encore « Stop arming Israel ».
Ces derniers mois, les actions - manifestations et collages d'affiches - se sont multipliées devant le site de cette entreprise marseillaise, visée par une plainte de la Ligne des Droits de l'Homme (LDH), notamment pour complicité de crimes contre l'humanité et complicité de génocide.
Le 18 septembre, une centaine de personnes avait déjà bloqué le site avec des poubelles et une banderole « Fermons l’usine génocidaire ».
Début juin, les dockers du syndicat CGT du port de Marseille-Fos avaient refusé de charger des palettes d'Eurolinks en partance pour Israël, pour marquer leur refus de « participer au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».
Dans sa plainte déposée le 12 juin, la LDH accuse Eurolinks de fournir des maillons pour fusils mitrailleurs à l'entreprise israélienne IMI Systems, filiale d'Elbit Systems, « connue pour être la plus grande entreprise d'armement d'Israël ».
« L'implication des armes de l'entreprise Elbit Systems dans les violations commises par Israël dans la bande de Gaza a été formellement identifiée à de multiples reprises », affirme la LDH qui a également porté plainte contre IMI Systems.
Interrogée à plusieurs reprises par l'AFP, la société Eurolinks n'a jamais répondu.
L'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan (La France insoumise, gauche radicale), présente à bord de la flottille pour Gaza interceptée par la marine israélienne en Méditerranée, a de son côté appelé sur X à une autre action jeudi soir à l'aéroport parisien de Roissy, contre le départ d' « un vol transportant des composants d'armes vers Israël ».


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