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Culture - Danse

À Achrafieh, un lieu discret veut réinventer la scène chorégraphique

Et si la danse au Liban devenait plus qu’un apprentissage, un véritable laboratoire où s’inventent de nouvelles façons de créer et de bouger ?

À Achrafieh, un lieu discret veut réinventer la scène chorégraphique

Le Labo de la danse, imaginé et porté par l’équipe du Beirut Contemporary Ballet, dirigée par Jana Younes. Photo fournie par Jana Younes

À Achrafieh, dans l’immeuble Saradar au 812 de la rue Tabaris, un espace discret et épuré a pris la place de Let’s Dance, un studio autrefois dédié à la danse et qui a subi le revers de la dernière guerre. Le Labo de la danse n’a rien d’une simple école et entend se démarquer totalement de son prédécesseur. C’est un atelier vivant, un laboratoire où la danse au Liban se redessine pas à pas.

Imaginé et porté par l’équipe du Beirut Contemporary Ballet, le Labo de la danse n’est ni une académie classique ni une école commerciale. C’est un espace hybride, conçu pour former, certes, mais surtout pour faire évoluer la discipline, la questionner et la transmettre. Son nom en dit long : à l’instar d’un laboratoire scientifique, on y explore, on y brise les schémas, on y cherche de nouvelles écritures du mouvement. Chaque cours, chaque atelier devient une expérience en soi, un lieu où la rigueur technique nourrit la liberté et où l’apprentissage se mêle à la recherche artistique.

La vocation du Labo dépasse l’enseignement traditionnel. Ici, la danse n’est pas qu’une série de pas répétés devant un miroir : elle est abordée comme un langage, un chemin vers l’expression personnelle, une façon de questionner le monde. Le Labo mise sur une pédagogie exigeante mais ouverte, où l’on apprend autant à développer sa maîtrise physique qu’à nourrir sa sensibilité artistique et son esprit critique. Fonctionnalité avant mode, respect du corps, petits groupes favorisant un suivi individualisé et croisement des pratiques pour former des danseurs complets sont quelques-uns des fondements du centre. Classique, contemporain, hip-hop, tango, floorwork, yoga ou encore danse aérienne : la diversité des disciplines répond à tous les désirs, tous les besoins, toutes les tranches d’âge.

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Le Labo accueille aussi bien de jeunes aspirants professionnels que des semi-professionnels en quête de perfectionnement, voire des amateurs qui se testent avant de choisir. À travers ce mélange, il s’agit de bâtir une communauté où les générations et les styles dialoguent, loin des cloisonnements habituels. « On l’a appelé le Labo de la danse pour découvrir comment on peut expérimenter dans les diverses disciplines et développer un réseau de professeurs locaux et internationaux », explique Jana Younes, à la tête du Beirut Contemporary Ballet, qui a rénové et changé l’identité du lieu.

Des bourses pour devenir professionnel

Un volet central du projet est le programme de bourses, soutenu par le mécène Dani Chaccour, PDG de Em Sherif. Destiné aux danseurs de 16 à 24 ans qui ont la passion et le potentiel, mais pas les moyens d’accéder à une formation de haut niveau, ce programme va bien au-delà de l’aide financière. Il offre un suivi technique, des possibilités de recherche ainsi que de réelles opportunités de scène. Plus qu’un geste caritatif, c’est un investissement dans le tissu culturel du pays, une façon d’assurer que le Liban puisse former et retenir ses talents, souvent contraints de s’exiler pour poursuivre leur vocation.

L’expérience du Labo se prolonge hors des studios. Un café attenant accueille danseurs, professeurs et invités pour échanger, se ressourcer et prolonger les discussions au-delà des cours – et propose même ses services sur Toters. Tout est pensé pour faire de ce lieu un écosystème, un point de ralliement pour ceux qui veulent inscrire la danse dans leur quotidien et leur avenir.

Car la vision est claire : le Labo ambitionne de devenir un incubateur artistique où l’on forme non seulement des interprètes, mais aussi des enseignants, des chorégraphes et des créateurs capables de s’inscrire dans des projets locaux comme internationaux. Les danseurs qui y passent et qui souhaitent mener une carrière dans ce domaine poursuivent souvent leur parcours au sein des projets du Beirut Contemporary Ballet, ce qui instaure une continuité entre apprentissage et création.

Un concept inédit au Liban

Dans un pays où la danse est un peu laissée pour compte, parfois cantonnée à l’événementiel ou au loisir, le Labo de la danse vient combler un vide. Il offre une structure, une vision et une durabilité. C’est un espace qui veut hisser la danse au rang d’une discipline reconnue, exigeante et soutenue, en phase avec les standards internationaux tout en restant ancrée dans le contexte libanais. D’où la rotation des professeurs étrangers, qui « ne restent pas plus que quelques mois pour éviter qu’ils ne s’adaptent au niveau, mais au contraire qu’ils hissent les élèves jusqu’au leur », précise Jana Younes. Elle souhaite d’ailleurs faire profiter d’autres écoles et d’autres régions de leur expertise. « Cela s’est déjà produit avec Caracalla et j’espère multiplier ce genre de collaborations autant que possible », souligne-t-elle.

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Pour aller plus loin et briser les frontières, pourquoi ne pas danser ?

Jana entend par ailleurs créer un cours de danse pour les trisomiques, une tranche de la population qui la touche particulièrement et qu’elle a eu l’opportunité de côtoyer au sein de l’association Foi et lumière.

Au Labo, la danse ne s’impose pas : elle se construit. Elle se pense, s’explore, se transmet. Et dans chaque geste répété, chaque variation testée, c’est un avenir qui se dessine, celui d’une scène chorégraphique libanaise capable de rayonner bien au-delà de ses frontières. « J’espère pouvoir implanter le Labo de la danse ailleurs au Liban ou au sein d’autres écoles afin qu’elles puissent bénéficier de la présence de nos professeurs et tester d’autres variations d’une même discipline. En fait, il s’agit de créer une intelligence physique chez nos élèves qui ne soit pas monopolisée par notre centre », conclut Jana Younes, pour qui le partage reste essentiel.

À Achrafieh, dans l’immeuble Saradar au 812 de la rue Tabaris, un espace discret et épuré a pris la place de Let’s Dance, un studio autrefois dédié à la danse et qui a subi le revers de la dernière guerre. Le Labo de la danse n’a rien d’une simple école et entend se démarquer totalement de son prédécesseur. C’est un atelier vivant, un laboratoire où la danse au Liban se redessine pas à pas.Imaginé et porté par l’équipe du Beirut Contemporary Ballet, le Labo de la danse n’est ni une académie classique ni une école commerciale. C’est un espace hybride, conçu pour former, certes, mais surtout pour faire évoluer la discipline, la questionner et la transmettre. Son nom en dit long : à l’instar d’un laboratoire scientifique, on y explore, on y brise les schémas, on y cherche de nouvelles écritures du...
commentaires (1)

Ouf!! Une initiative Inouïe, Superbe et essentiellement dans l'Esprit bien libanais!! Bon courage et Bonne chance!!

Wlek Sanferlou

16 h 18, le 30 septembre 2025

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Commentaires (1)

  • Ouf!! Une initiative Inouïe, Superbe et essentiellement dans l'Esprit bien libanais!! Bon courage et Bonne chance!!

    Wlek Sanferlou

    16 h 18, le 30 septembre 2025

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