Des soldats français de l'équipe d'abordage s'entraînent au décollage et à l'atterrissage avec un hélicoptère NH90 Caïman (absent sur la photo) à bord de la frégate de la Marine nationale Bretagne, avant l'exercice OTAN Neptune Strike 2025 en mer du Nord le 21 septembre 2025. Photo Jonathan Klein/AFP
Des drones non identifiés ont été observés au-dessus de la plus grande base militaire du Danemark vendredi soir, après d'autres survols d'aéroports cette semaine, le pays nordique laissant entendre que la Russie pourrait être impliquée.
« Je peux confirmer que nous avons eu un incident vers 20h15 (18h15 GMT) qui a duré plusieurs heures. Un ou deux drones ont été observés à l'extérieur et au-dessus de la base aérienne » de Karup, a déclaré l'officier de police Simon Skelsjaer à l'AFP.
« Nous ne les avons pas abattus », a-t-il ajouté, précisant que la police ne pouvait faire de commentaires sur l'origine de ces drones. La police coopère avec l'armée dans le cadre de son enquête, a-t-il encore indiqué.
La base de Karup partage ses pistes avec l'aéroport de Midtjylland, qui a été brièvement fermé, sans affecter le trafic car aucun vol commercial n'était prévu, a dit M. Skelsjaer.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, avait affirmé jeudi que le Danemark avait été victime d'attaques hybrides » ces derniers jours, faisant référence à une forme de guerre non conventionnelle.
La Russie responsable ?
Les enquêteurs n'ont pas réussi à identifier pour le moment les responsables, mais le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a déclaré jeudi que ces vols semblaient être « l'œuvre d'un acteur professionnel ».
Mme Frederiksen a elle pointé du doigt la Russie. « Il y a un pays qui représente une menace pour la sécurité de l'Europe, et c'est la Russie », a-t-elle dit.
Moscou a rejeté « fermement » jeudi toute implication dans les incidents danois. Son ambassade à Copenhague les a qualifiés de « provocation mise en scène » dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Le ministre danois de la Justice, Peter Hummelgaard, a estimé en début de semaine que l'objectif de ces attaques était « de semer la peur, de créer des divisions et de nous effrayer ».
Les vols de drones ont commencé quelques jours seulement après que le Danemark a annoncé qu'il allait acquérir pour la première fois des armes de précision à longue portée, car la Russie représenterait une menace « pour les années à venir ».
M. Hummelgaard a déclaré que Copenhague allait également acquérir de nouvelles capacités de détection et de neutralisation de drones.
Les ministres de la Défense d'une dizaine de pays de l'UE ont convenu vendredi de faire de la mise en place d'un « mur anti-drones » une priorité.
Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a appelé l'Europe à tirer les leçons du conflit en Ukraine et mettre rapidement en place des défenses anti-drones.
« Nous devons agir rapidement », a dit M. Kubilius à l'AFP dans une interview. « Et nous devons agir en tirant toutes les leçons de l'Ukraine et en construisant ce mur anti-drones ensemble avec l'Ukraine ».
Copenhague accueillera mercredi et jeudi un sommet européen réunissant les chefs de gouvernement.
Vendredi, la capitale danoise a annoncé avoir accepté l'offre de la Suède de fournir sa technologie anti-drones afin de garantir le bon déroulement de la réunion.


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