Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d’Iran, Ali Larijani (cinquième à partir de la droite), à son arrivée à Beyrouth samedi 27 septembre 2025. Photo ANI
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d’Iran, Ali Larijani, arrivé samedi matin à Beyrouth à l'occasion de la commémoration de l’élimination par Israël de l'ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, a appelé depuis Aïn el-Tiné les dirigeants libanais à coopérer pour résoudre les « questions internes », en allusion au désarmement du parti chiite, rejeté par le principal concerné et l'Iran.
À la sortie de sa rencontre à Aïn el-Tiné avec le président du Parlement, Nabih Berry, Ali Larjani s'est dit « très heureux » de cet entretien, rappelant que le Liban est un « pays ami » de l’Iran. Il a notamment salué le rôle de la « résistance » du Hezbollah, qu'il a qualifié de « digue solide contre l’entité israélienne » via « son sacrifice pour le bien-être des populations de la région ». Selon lui, « malgré sa petite taille géographique », le Liban est un « État fort » face à Israël.
« Le Hezbollah et le sayyed Nasrallah resteront éternels dans le cœur des musulmans », a-t-il dit. Hassan Nasrallah a été tué par des frappes israéliennes massives le 27 septembre 2024, à Haret Hreik dans la banlieue-sud de Beyrouth. Parmi la dizaine de personnes tuées aussi ce jour-là se trouvait l'un des principaux commandants de la Force al-Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution iraniens, Abbas Nilforoushan. Hachem Safieddine, successeur potentiel de Nasrallah, a, lui, été éliminé quelques jours plus tard également dans le même quartier.
Larijani salue la volonté d'apaisement du Hezbollah avec Riyad
M. Larijani a par ailleurs appelé les responsables libanais à coopérer entre eux pour trouver des solutions aux questions intérieures, tout en insistant sur le fait que « c’est le peuple libanais qui doit décider ». Les prises de position de Téhéran sur la question du désarmement des milices, Hezbollah en tête, ont fait monter au créneau, à de nombreuses reprises, les responsables libanais, et notamment le chef de la diplomatie Joe Raggi, qui ont dénoncé des « ingérences » iraniennes.
L'émissaire iranien a en outre soutenu que le Hezbollah « n’a pas besoin d’être approvisionné en armes depuis l’étranger » et a assuré que l’Iran « est prêt à faire face à tous les scénarios ». « Je ne crois pas que les Israéliens agiront de manière stupide, et s’ils le faisaient, ils recevraient une réponse forte », a-t-il lâché. En outre, il a insisté sur le souhait de l’Iran que tous les pays de la région soient « forts et indépendants » et insisté sur la nécessité de « coopérer face aux complots israéliens », tout en «laissant de côté leurs différends».
M. Larijani a ainsi salué l’initiative du cheikh Naïm Kassem vis-à-vis de l’Arabie saoudite, en référence à la main tendue inédite lancée à l'égard de la monarchie du golfe par le secrétaire général du Hezbollah lors de son dernier discours le 19 septembre. Un revirement dont l'idée a été soufflée par ces mêmes Iraniens, selon des sources citées par l'agence Reuters. Le haut responsable de la République islamique a ainsi qualifié l'Arabie saoudite de « pays ami », soulignant l’existence d'un dialogue entre Téhéran et Riyad. « Aujourd’hui est un jour de coopération, car nous faisons face à un seul ennemi, et la position de Kassem est tout à fait correcte », a-t-il ajouté.
Salam appelle au « respect mutuel de la souveraineté »
M. Larijani a encore été reçu au Grand Sérail par le Premier ministre Nawaf Salam, qui a souligné que « les relations libano-iraniennes doivent reposer sur le respect mutuel de la souveraineté de chacune des parties et de la non-ingérence dans les affaires intérieures ».
Ali Larijani doit participer, à 16h30 locales, à la commémoration de l’élimination par Israël de Nasrallah et Safieddine et leurs compagnons, au mausolée de Nasrallah dans la banlieue-sud de la capitale.
M. Larijani avait été accueilli à l'Aéroport international de Beyrouth par un représentant du ministère des Affaires étrangères, le consul Rodrigue Khoury, et l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth Mojtaba Amani, ainsi que des délégations du mouvement Amal, du Hezbollah et de plusieurs de leurs alliés, dont le Jihad islamique, le mouvement palestinien Hamas et d’autres groupes proches du régime iranien. Sa visite intervient deux jours après la polémique suscitée par l'illumination du rocher de Raouché à Beyrouth par des partisans du Hezbollah malgré une interdiction formulée par le Premier ministre.
Un représentant de Nabih Berry, Khalil Hamdane, a salué le déplacement du responsable iranien, le qualifiant de « geste de solidarité » et soulignant que « Sayyed Hassan Nasrallah est parti, mais la résistance fondée par le leader disparu Moussa Sadr (fondateur du mouvement Amal) restera un flambeau qui illuminera la voie des hommes libres ».


Ce qu,il s,est passe aujourd.hui avec la censure irresponsable de tous mes commentaires a l,exception d,un SEUL est une HONTE pour le Journal. Je prends ce coup et je me tais cette fois.
13 h 59, le 28 septembre 2025