Des Palestiniens font la queue au point de passage d'Allenby, en Cisjordanie occupée, le 26 septembre 2025. REUTERS/Ammar Awad
L'Autorité palestinienne a salué vendredi des promesses de financement étranger annoncées à l'ONU, qui, selon elle, l'aideront à maintenir les services publics, à l'heure où Israël retient les recettes fiscales perçues en son nom. Selon le bureau du Premier ministre Mohammad Mustafa, des pays donateurs, dont l'Arabie saoudite, l'Allemagne et l'Espagne, ont promis jeudi à New York au moins 170 millions de dollars pour financer le budget de l'Autorité palestinienne basée à Ramallah, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
Cette annonce a été faite alors que se tient l'Assemblée générale des Nations unies et après une reconnaissance de l'Etat de Palestine par plusieurs pays capitales occidentales dont Paris et Londres. L'Autorité palestinienne avait toutefois demandé 400 millions de dollars par mois pendant six mois. Le porte-parole du Premier ministre, Mohammad Abou al-Rob, a déclaré à l'AFP qu'il n'était pas certain que les fonds promis seraient renouvelés.
L'Autorité palestinienne est depuis longtemps en crise financière, mais celle-ci s'est aggravée avec la guerre à Gaza, Israël retenant les recettes fiscales qui lui sont destinées et représentent, selon M. Abou al-Rob, 68% de son budget. « Qui peut continuer à travailler en perdant 60% (de ses revenus) ? Quel pays peut continuer à offrir des services ? », s'est-il interrogé.
Les écoles de Cisjordanie ont ouvert tardivement cette année et ne fonctionnent que trois jours par semaine, a-t-il relevé. En matière de prise en charge sanitaire, la pénurie de fonds a « réduit le travail au strict minimum pour les cas d'urgence et les opérations », et affecte les stocks de médicaments. Le nombre de Palestiniens vivant dans la pauvreté a également augmenté de plus de 150% depuis le début de la guerre à Gaza, tandis que l'aide financière qui leur est destinée n'a pas été versée depuis plus de deux mois.
La multiplication des postes de contrôle israéliens à travers le territoire et la réduction des permis de travail en Israël ont aussi gravement impacté les revenus palestiniens. L'économie palestinienne est largement régie par le protocole de Paris de 1994, qui a accordé à Israël le contrôle exclusif des frontières des territoires et le droit de percevoir les droits d'importation et la TVA pour l'Autorité palestinienne.
Israël affirme qu'une partie des fonds retenus est destinée au paiement des services, comme l'électricité, qu'il vend aux Palestiniens. Mais le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui a suspendu tous les paiements à l'Autorité palestinienne il y a quatre mois, a déclaré qu'il recherchait l'effondrement du gouvernement palestinien par un « étranglement économique » pour empêcher la création d'un Etat palestinien.


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