Un drapeau israélien flotte près de bâtiments détruits dans l'enclave assiégée de Gaza, le 25 septembre 2025. Jack Guez/AFP
Alors que l'assaut israélien sur Gaza-Ville se poursuit, dans le cadre de la guerre de l'État hébreu contre le Hamas, les États-Unis envisageraient de confier à l'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, le rôle de « gouverneur temporaire » de la bande de Gaza, avant un transfert, dont les modalités ne sont pas encore définies, de la gouvernance à l'Autorité palestinienne (AP), rapporte le Haaretz, citant une « haute source politique israélienne ». Ce plan, qui est « en cours de concrétisation », bénéficie du plein soutien du président américain, Donald Trump, et « les responsables israéliens ne s’y sont pas opposés », précise-t-elle au média israélien.
La source israélienne indique par ailleurs que « la question du transfert de pouvoir est sensible » : « L’AP est une entité complexe ; elle peut aller dans un sens ou dans un autre, mais je ne la vois pas assumer une responsabilité officielle. » Évoquant ensuite des nuances émergentes concernant la présence persistante du Hamas à Gaza, cette même source note qu’Israël n’exclut pas « l’implication d’une force internationale avec Blair ».
Cette « autorité internationale », qui recevrait son mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et coordonnerait ses activités avec l'AP, superviserait la reconstruction et la gouvernance de Gaza durant plusieurs années, tandis qu'une force internationale serait également déployée dans l’enclave « pour protéger ses frontières et empêcher le Hamas de se réorganiser », selon les dires d'une « source arabe » au journal israélien, confirmant des échos de presse cette semaine concernant la feuille de route élaborée par le Tony Blair Institute for Global Change (TBI) .
La source a toutefois ajouté que le plan reste « vague » quant au transfert effectif du pouvoir à l’AP et n’en précise pas le calendrier. « Il y a une crainte que (le Premier ministre israélien, Benjamin) Netanyahu profite de cette ambiguïté pour saboter l’implication de l'AP à Gaza », indique cette source au journal de gauche.
Mardi, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a tenu à New York une réunion exceptionnelle avec un groupe de dirigeants arabes et musulmans, devant lequel il a présenté les détails d’un plan pour la gouvernance d’après-guerre de l’enclave palestinienne, selon des responsables américains cités par le site d'informations Axios. C’est en priorité sur le dossier de la gouvernance post-Hamas de l’enclave que le locataire de la Maison-Blanche entend parvenir à un accord avec les dirigeants arabes.
Il aurait cherché à convaincre les dirigeants arabes de son engagement à s’en tenir à l’application de la proposition de Tony Blair, qui ne ferait pas mention d’un déplacement de la population de Gaza, contrairement aux craintes suscitées par un rapport du Financial Times, début juillet, affirmant que le TBI serait impliqué dans un projet visant à déplacer près de 500 000 Palestiniens, ce que l'institut a nié dans le cadre de l'enquête du média britannique.
Benjamin Netanyahu doit rencontrer Donald Trump lundi, notamment pour discuter de l'après-Gaza. Avant, il doit s'exprimer vendredi à la tribune de l'ONU, où il a promis de s'élever contre ceux qui soutiennent un État palestinien. Alors qu'au moins 151 des 193 États membres de l'ONU ont désormais franchi ce pas, Benjamin Netanyahu martèle qu'« il n'y aura pas d'État palestinien ».




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