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Politique - Commémorations Du Hezbollah

La Grotte aux Pigeons illuminée à l'effigie Nasrallah et Safieddine, Salam dénonce « une violation flagrante » de la décision du mohafez

Une photo de Saad Hariri et Rafic Hariri, entourant Hassan Nasrallah, projetée sur le site emblématique de Beyrouth, lors de la commémoration du décès des deux leaders chiites. 

Le rocher de la Grotte aux Pigeons illuminé avec les portraits de Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine

Des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés jeudi soir sur le front de mer à Beyrouth pour commémorer l’assassinat, il y a un an, par Israël de leur chef Hassan Nasrallah, dont le portrait a été projeté sur le rocher de la Grotte aux Pigeons. Wafic Safa, chef de l’unité de liaison du Hezbollah et cible d’une tentative d’assassinat israélienne le 10 octobre 2024, était présent lors du rassemblement.

Brandissant des portraits de Hassan Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, les participants scandaient : « Israël est l’ennemi des musulmans ». Certains sont arrivés à bord de dizaines de petits bateaux décorés de fanions jaunes du groupe.

Affaibli par une guerre meurtrière avec Israël, qui s’était achevée par un cessez-le-feu en novembre, le Hezbollah prévoit une série de commémorations pour le premier anniversaire de la mort de son chef. Hassan Nasrallah avait été tué le 27 septembre 2024 dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Son successeur désigné, Hachem Safieddine, a été tué dans un autre raid début octobre.

Les portraits des deux hommes ont été brièvement projetés sur le rocher de la Grotte aux Pigeons, un geste interprété comme un défi à l’interdiction émise la veille par le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud, qui avait autorisé le rassemblement mais interdit toute son et lumière sur ce site emblématique.

Le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé sur X « une violation flagrante de l’accord donné par le mohafez de la ville ». « En conséquence, j’ai contacté les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense afin qu’ils prennent les mesures appropriées, y compris l’arrestation des responsables et leur renvoi devant la justice pour qu’ils soient sanctionnés conformément aux lois en vigueur », a-t-il ajouté. Il a également souligné que « ce comportement répréhensible ne nous détournera pas de notre décision de reconstruire un État fondé sur la loi et les institutions ; au contraire, il renforce notre détermination à accomplir ce devoir national ».

Le portrait du président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry, ainsi que des deux anciens Premiers ministres, Saad Hariri et son père Rafic Hariri, entourant Hassan Nasrallah, ont également été projetés. Rafic Hariri avait été tué à Beyrouth le 14 février 2005, du temps de la domination syrienne sur le Liban, dans un attentat suicide à la camionnette piégée qui avait fait 21 autres morts. En 2022, le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) avait condamné par contumace deux membres du Hezbollah à la prison à perpétuité pour cet attentat, à l'issue d'un long procès.

Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.

« Sioniste, sioniste » et « Chiaa, Chiaa »

Le journaliste d’al-Manar Ali Barro a publié, depuis le Rocher de Raouché, une vidéo dans laquelle il adresse des insultes à Nawaf Salam, aux côtés de Wafic Safa, qui riait à ses côtés. « Nawaf, le haj (Wafic) te passe le bonjour et te dit : On va l’allumer, Nawaf, et on va t’éteindre », dit-il.

Le journaliste ajoute ensuite une fois la grotte illuminée : « Et voilà, Nawaf, on l’a illuminée, malgré toi et malgré ton maître Yazid », en référence à l’émissaire saoudien au Liban, le prince Yazid ben Farhan.

« Même après son martyre, son doigt t’a brisé la tête, t’a brisé la nuque, et t’a brisé ta décision », a-t-il ajouté en parlant de Hassan Nasrallah.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, avait appelé lundi les autorités à « interdire l’usage des lieux publics et touristiques sans autorisation ». Dans la foule, une femme lance : « Gardez votre rocher, vous irez vous y cacher bientôt », s’adressant à Nawaf Salam et au président Joseph Aoun. De nombreuses insultes ont également été proférées contre le Premier ministre.

Un homme, brandissant la photo de Hassan Nasrallah, a montré sa carte d’identité libanaise ainsi qu’une fausse carte au nom du défunt chef du Hezbollah : « On a donné des martyrs, qu’as-tu fait pour ce pays ? » s’exclame-t-il, en référence à Nawaf Salam. Dans la foule, on scande en chœur : « Sioniste, sioniste, Samir Geagea sioniste ». Parmi les participants, un homme arbore un tatouage sur le cou avec la date « 27.09.2024 », jour de l’assassinat de Hassan Nasrallah.

« Le Sayyed était le symbole de tous les musulmans, le seul à défendre Gaza », confie à L’Orient-Le Jour un homme de nationalité égyptienne. « Nous ne faisons pas de différence de religion, mais l’État nous pousse dans un coin. Nous n’avons pas le choix si nous voulons exister », ajoute un Libanais d’une quarantaine d’années, après avoir scandé « Chiaa, Chiaa » (chiites, chiites). « Je suis venu montrer que la résistance est d’abord humaine. Nous sommes là et, si vous voulez nous enlever les armes, il faudra d’abord nous enlever un par un », déclare un étudiant en journalisme de 22 ans.

Le Hezbollah est soumis à une intense pression pour livrer ses armes à l'Etat et l'armée libanaise a élaboré un plan pour le désarmer, en commençant par le sud du pays, frontalier d'Israël. Le groupe chiite avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien au Hamas, son allié. Les hostilités ont tourné à la guerre ouverte en septembre 2024, avant un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre. Israël continue cependant de frapper régulièrement des cibles de la formation au Liban.

Des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés jeudi soir sur le front de mer à Beyrouth pour commémorer l’assassinat, il y a un an, par Israël de leur chef Hassan Nasrallah, dont le portrait a été projeté sur le rocher de la Grotte aux Pigeons. Wafic Safa, chef de l’unité de liaison du Hezbollah et cible d’une tentative d’assassinat israélienne le 10 octobre 2024, était présent lors du rassemblement.Brandissant des portraits de Hassan Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, les participants scandaient : « Israël est l’ennemi des musulmans ». Certains sont arrivés à bord de dizaines de petits bateaux décorés de fanions jaunes du groupe.Affaibli par une guerre meurtrière avec Israël, qui s’était achevée par un cessez-le-feu en novembre, le Hezbollah prévoit une série de commémorations pour...
commentaires (12)

Donc les portraits de HN sont sortis de la grotte aux pigeons, est ce un honneur? Cela ne s’invente pas. On aurait pas pu faire mieux malgré notre imagination débordante.

Sissi zayyat

13 h 52, le 26 septembre 2025

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Commentaires (12)

  • Donc les portraits de HN sont sortis de la grotte aux pigeons, est ce un honneur? Cela ne s’invente pas. On aurait pas pu faire mieux malgré notre imagination débordante.

    Sissi zayyat

    13 h 52, le 26 septembre 2025

  • L’état peut toujours tomber et se relever grâce aux patriotes qui n’ont pas encore dit leur dernier mot. Mais le plongeon de ces vendus risque de leur coûter la vie comme beaucoup de suicidés volontaires depuis ce rocher. Ça n’est pas pour rien qu’ils l’ont choisi.

    Sissi zayyat

    13 h 38, le 26 septembre 2025

  • Ils tentent tout, même l’ubuesque et le ridicule pour allier les sunnites à leur cause perdue. Ils projettent une photo de Hariri à côté de son assassin pour soit disant le célébrer? Ils croient pouvoir laver les cerveaux des libanais avec une insulte pareille faite à tous les libanais et en premier lieu à M. Hariri? On ne les croyait pas si dupes et si naïfs pour prendre les libanais pour des cruches comme eux.

    Sissi zayyat

    13 h 34, le 26 septembre 2025

  • Nous n’avons pas compris le symbole de Raouché et encore moins l’index levé. Et ils viennent se faire passés pour les opprimés de la terre alors qu’ils ne cessent de provoquer, tantôt nos voisins et souvent les libanais qui n’en peuvent plus de leur arrogance et leur insolence mal placées et qui devraient cesser quelqu’en soit le prix.

    Sissi zayyat

    12 h 34, le 26 septembre 2025

  • On ne peut qu'admirer le culot des organisateurs qui ont psé montrer sur la même photo Hariri et son futur meurtrier!

    Yves Prevost

    08 h 37, le 26 septembre 2025

  • C'est la rupture officielle du vivre-ensemble libanais. Le divorce est consommé entre les communautés. Celles qui veulent un État de droit et celles qui promeuvent la théocratie. Un gouffre...

    Alexandra

    07 h 24, le 26 septembre 2025

  • L'aire de l'illogisme... le dictateur fu Parlement et les huberlus de la moukawama, qui tous veulent faire de l'argent en sacrifiant les enfants de ceux qu'ils ont convaincus du suicide sauveur... de là ils prennent possession du rocher des suicidaires...

    Wlek Sanferlou

    05 h 04, le 26 septembre 2025

  • Pays bananier Ou est le gouvernement?

    Robert Moumdjian

    23 h 44, le 25 septembre 2025

  • On dit en libanais 3aklun zghir (petit cerveau pour dire enfantillages). Ils ont maintenant vaincu et toutes les maisons détruites se sont construites d’elles mêmes.

    Michael

    22 h 09, le 25 septembre 2025

  • Comme on dit « Ya 3eyn »…

    Mago1

    21 h 23, le 25 septembre 2025

  • Attitude irresponsable des autorités. Désarmement par les autorités Libanaises, gros Doutes

    Dorfler lazare

    21 h 23, le 25 septembre 2025

  • Insolence absolue... Nonobstant la portée de leur geste de vouloir mettre en évidence Hassan Nasrallah... Que pensent donc aujourd'hui les leaders chiites de cette arrogance et le fait de défier l'administration? En premier MM. Berri et Kassem? Doit-on jusqu'où, jusque quand, tolérer ces incartades? Hélas...

    Christian Samman

    21 h 08, le 25 septembre 2025

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