Des Soudanais déjà déplacés par le conflit se reposent sous une couverture dans un camp de fortune où ils ont été évacués à la suite d'inondations meurtrières dans la ville de Kassala, dans l'est du pays, le 12 août 2024. Photo AFP
L'émissaire américain pour l'Afrique, Massaad Boulos, a émis l'espoir mercredi que l'aide humanitaire pourra prochainement rentrer à El-Facher, cette ville du Darfour, au Soudan, devenue le principal front de la guerre entre l'armée soudanaise et les paramilitaires FSR.
« Espérons que dans les prochains jours, nous commencerons à voir arriver cette aide tant attendue », a-t-il déclaré à des journalistes, en soulignant que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) avaient accepté d'autoriser l'entrée de l'aide dans la ville assiégée.
« Nous avons discuté avec les FSR et nous sommes mis d'accord sur un moyen de permettre l'acheminement de cette aide humanitaire. Cela se concrétise au moment même où nous parlons », a-t-il ajouté.
L'émissaire américain, un proche du président Donald Trump, rendait compte d'une réunion des pays du « Quad » sur le Soudan (Etats-Unis, Egypte, Arabie saoudite, Emirats arabes unis) qui s'est tenue en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York et au cours de laquelle les quatre pays « ont réaffirmé l'importance de mettre fin au conflit au Soudan, de rétablir la paix et de répondre aux besoins humanitaires du peuple soudanais », selon un message sur le réseau X.
Les propos de M. Boulos surviennent alors qu'une attaque de drone a fait 15 morts sur le marché de la ville assiégée d'el-Facher, ont rapporté mercredi une source médicale et un comité militant.
Dernière grande ville tenue par l'armée dans la vaste région du Darfour, El-Facher est devenue le principal front du conflit entre les deux camps.
Assiégée depuis plus de 500 jours par les paramilitaires et coupée de toute aide extérieure, la ville abrite environ 260.000 civils, dont la moitié sont des enfants, selon l'ONU.
La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et provoqué la pire crise humanitaire actuelle, selon l'ONU.
Elle a été déclenchée en avril 2023 par une lutte de pouvoir entre deux anciens alliés : le général Abdel Fattah al-Burhane, commandant de l'armée et dirigeant de facto du Soudan depuis le coup d'Etat de 2021, et le général Mohamed Daglo, à la tête des FSR.
Mais l'émissaire américain, qui est resté prudent, a émis l'espoir que les parties belligérantes puissent se rapprocher en vue de pourparlers directs, malgré de nombreuses tentatives restées infructueuses.
« La situation actuelle est telle que personne n'a l'avantage, ce qui n'était pas le cas il y a trois mois, donc les deux sont prêts à se lancer », a-t-il jugé.


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