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Des députés critiquent la nomination de Suzanne el-Hajj, son avocat réplique

La colonelle Suzanne el-Hajj a été poursuivie en 2018 pour avoir fabriqué de fausses preuves accusant le dramaturge Ziad Itani de collaboration avec Israël.

Des députés critiquent la nomination de Suzanne el-Hajj, son avocat réplique

L’ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des Forces de sécurité intérieure, Suzanne el-Hajj. Photo ANI.

L’avocat de la colonelle Suzanne el-Hajj, Ziad Hobeiche, a critiqué mercredi les députés du bloc des députés de la contestation après que ces derniers ont adressé des questions au gouvernement au sujet de la nomination de la colonelle au poste de seconde assistante auprès du directeur de l’administration centrale des Forces de sécurité intérieure (FSI).

Suzanne el-Hajj avait été poursuivie en 2018 pour avoir fabriqué de fausses preuves contre l’acteur et dramaturge Ziad Itani, l’accusant à tort de collaboration avec Israël.

Mardi, le député de la contestation Ibrahim Mneimné a écrit sur X : « Avec mes collègues députés, j’ai soumis au gouvernement, via le président du Parlement, des questions concernant la décision de nommer el-Hajj, malgré les jugements judiciaires et disciplinaires antérieurs rendus contre elle pour avoir fabriqué des accusations contre l’artiste Ziad Itani. »

Ces 14 questions ont également été signées par les députés de la contestation Halimé Kaakour, Paula Yacoubian, Marc Daou, Michel Doueihy, Waddah Sadek, Cynthia Zarazir et Firas Hamdan. « Quelle est l’autorité qui a pris cette décision ? Sur quelle base légale repose-t-elle ? Des mesures disciplinaires ont-elles été prises contre Hajj avant sa nomination à ce nouveau poste ? » sont parmi les questions posées. 

« Opportunisme électoral bon marché »

Répondant à ces interrogations, l’avocat de Suzanne el-Hajj a déclaré : « Qu’ont à voir les ministres du gouvernement avec des nominations sécuritaires décidées par la Direction générale des FSI ou d’autres agences de sécurité ? »

Dans un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), l’avocat a exprimé son « étonnement et (son) regret que les députés aient ignoré l’essence du jugement, sachant qu’elle n’a été condamnée pour aucun crime et que toutes les charges retenues contre elle ont été totalement abandonnées ». Dans une attaque virulente contre les députés, il a ajouté : «Quiconque cherche à obtenir une condamnation en dehors du cadre judiciaire s’adonne à un opportunisme électoral bon marché, indigne de députés, en particulier de ceux qui se disent réformateurs.»

Une source sécuritaire avait expliqué à L'Orient-Le Jour la semaine dernière que ce changement de poste constituait « une mutation », et non « une promotion » à un grade supérieur. Cela signifie qu'elle pourra être mise à disposition de l'autorité centrale en cas de besoin », avait-t-elle ajouté, soulignant qu'une « promotion » aurait été accompagnée d'un « changement de grade ».

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Alors qu'elle était directrice du Bureau de lutte contre la cybercriminalité au sein des FSI, Suzanne el-Hajj avait été accusée d'avoir fabriqué, en 2017, de fausses accusations d'intelligence avec Israël contre le dramaturge et acteur Ziad Itani, avec l'aide d'un hackeur du nom d'Élie Ghabache. La fonctionnaire venait d'être sanctionnée pour avoir retweeté un message ironique sur les femmes en Arabie saoudite. Un journaliste, nommé Ziad Itani, avait alors diffusé la capture d’écran de son retweet, ce qui l'aurait conduit à élaborer ces fausses preuves de collaboration avec Israël contre le dramaturge pour se venger, se trompant de cible en raison de l’homonymie.

Arrêté en novembre 2017 sous le coup de ces accusations fallacieuses, Ziad Itani avait été incarcéré pendant une centaine de jours, dont six marqués par des tortures infligées par des membres de la Sécurité de l’État pour le forcer à signer des aveux, dont il s'était rétracté. Il avait été relâché quatre mois plus tard, le 13 mars 2018. En 2020, avec l’aide de Legal Agenda, Ziad Itani avait porté plainte devant le Conseil d'État contre les agents responsables de son arrestation arbitraire et de sa diffamation. Il avait obtenu en mars 2025 une indemnisation de 480 millions de livres libanaises, soit environ 5 300 dollars au taux du marché actuel.

Arrêtée le 2 mars 2018, Suzanne el-Hajj avait quant à elle été mise en examen pour « fabrication de fausses preuves » contre Ziad Itani ainsi que de « piratages et cyberattaques visant des sites de ministères, de services de sécurité et de banques libanaises, ainsi que d’autres sites au Liban et à l’étranger ». Malgré des preuves accablantes, dont des enregistrements republiés par al-Jadeed, elle avait été acquittée de la plupart des charges retenues contre elle sur décision de la Cour de cassation militaire, rejetant l'ensemble des accusations sur Élie Ghabache en 2021, et condamnée à deux mois de prison et 200 000 LL d’amende pour « recel d’informations ». Cette décision avait été vivement critiquée par divers acteurs de la scène politique libanaise et autres experts judiciaires qui dénonçaient des ingérences politiques. D'après un décret signé par Michel Aoun le 1er juillet 2022, Suzanne el-Hajj avait obtenu sa promotion au rang de colonel.

L’avocat de la colonelle Suzanne el-Hajj, Ziad Hobeiche, a critiqué mercredi les députés du bloc des députés de la contestation après que ces derniers ont adressé des questions au gouvernement au sujet de la nomination de la colonelle au poste de seconde assistante auprès du directeur de l’administration centrale des Forces de sécurité intérieure (FSI).Suzanne el-Hajj avait été poursuivie en 2018 pour avoir fabriqué de fausses preuves contre l’acteur et dramaturge Ziad Itani, l’accusant à tort de collaboration avec Israël.Mardi, le député de la contestation Ibrahim Mneimné a écrit sur X : « Avec mes collègues députés, j’ai soumis au gouvernement, via le président du Parlement, des questions concernant la décision de nommer el-Hajj, malgré les jugements judiciaires et disciplinaires antérieurs...