Une réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre Nawaf Salam. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a exprimé mardi son étonnement face aux déclarations de l’ambassadeur américain Thomas Barrack, qui selon lui remettent en question le « sérieux du gouvernement et le rôle de l’armée ». Dans un communiqué diffusé sur son compte X, il a réaffirmé l’engagement de son cabinet « à mettre en œuvre l’intégralité de son programme ministériel, notamment en matière de réformes et de renforcement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, ainsi qu’à maintenir le monopole de l’État sur les armes, conformément aux décisions du Conseil des ministres ».
Le chef du gouvernement a assuré que l’armée libanaise « assume pleinement ses responsabilités dans la protection de la souveraineté du Liban et la garantie de sa stabilité » et qu’elle exécute le plan de désarmement présenté au Conseil des ministres le 5 septembre. À cette occasion, il a appelé la communauté internationale à « renforcer son soutien à l’armée et à exercer des pressions sur Israël pour qu’il se retire des territoires occupés et cesse ses attaques répétées, conformément à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 ».
Nawaf Salam a aussi réitéré la position du Liban en faveur « d’une paix durable dans la région, fondée sur l’Initiative de paix arabe de 2002 ». Il a rappelé que cette initiative « repose sur les principes de justice, le droit international et les résolutions des Nations unies » et permet au peuple palestinien de « déterminer son destin, y compris par l’établissement de son État indépendant ».
Dans un entretien accordé lundi à Sky News Arabia, l’émissaire régional des États-Unis (et leur ambassadeur à Ankara) a estimé que « la situation au Liban est très difficile ». Celui qui était connu pour son ton conciliant a même estimé que tout ce que Beyrouth fait « se résume à des paroles, sans actes tangibles », avertissant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « ne se soucie ni des frontières ni des lignes rouges ».
Ces déclarations sévères sont intervenues au lendemain d’une visite-éclair de l’émissaire Morgan Ortagus, qui a participé à une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu à Naqoura et réclamé que l’armée fasse davantage et plus vite pour désarmer le Hezbollah. De son côté, Israël ne cesse d’accroître la pression militaire, agitant le spectre d’une nouvelle guerre ouverte au Liban.
Après les combats entre le Hezbollah et Israël en 2024, le Liban demeure dans l'attente de la reconstruction de vastes superficies détruites au Sud, dans la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, dans un contexte de grave crise économique et financière depuis 2019. La question du désarmement du Hezbollah, réclamé par la communauté internationale et surtout les États-Unis, continue d'entretenir la polémique, le parti chiite refusant jusque-là de remettre ses armes volontairement.


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