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Nos lecteurs ont la parole

Retrouver un Liban fait pour durer

Nous sommes, à n’en pas douter, un seul et même peuple.

Nous sommes venus, porteurs d’histoires multiples, vivre ensemble au Liban dans la liberté, la dignité et l’indépendance. Pourtant, nos différences religieuses, communautaires et doctrinales ont suffi à semer le doute et la discorde. Par manque de conscience, de formation et d’enracinement national, nous avons laissé les puissances étrangères exploiter notre ignorance et défaire nos rangs. Ainsi sommes-nous tombés dans leurs filets sans opposer de résistance.

L’histoire du Liban est riche d’épisodes où la diversité devint force : le commerce vibrant de Beyrouth, les universités ouvertes à toutes les confessions, les journaux et les maisons d’éditions qui illuminèrent le monde arabe. Mais elle porte aussi ses blessures : la guerre civile, les interventions étrangères, la consolidation du confessionnalisme. Ces contradictions nous ont appris qu’un pays dépourvu d’institutions qui transcendent les appartenances ne peut ni protéger ses enfants ni durer.

Aujourd’hui, la souveraineté libanaise s’effrite sous l’érosion de l’État, la prolifération des armes hors de son contrôle, la corruption et l’exode des jeunes talents. L’économie vacille, la confiance se retire. Pourtant, dans ce crépuscule, la société civile demeure vibrante, les voix indépendantes se multiplient et une génération instruite réclame son droit à vivre dignement sur sa terre. C’est ce souffle qu’il faut soutenir et protéger.

Pour briser ce cercle, les points de départ sont clairs : un enseignement fondé sur des bases nationales solides et inclusives, avec des écoles publiques ouvertes à tous et des programmes unifiés d’histoire et d’éducation civique ; un État moderne et libéré de ses entraves, séparant clairement religion et politique tout en respectant les croyances ; le monopole des armes entre les mains de l’État, garanti par une armée nationale forte et des institutions indépendantes ; une économie productive, appuyée sur l’agriculture modernisée, l’innovation technologique, l’énergie de la diaspora et la recherche scientifique la plus avancée ; une identité nationale rassemblée, plaçant la patrie au-dessus des clivages confessionnels et restituant au Liban sa vocation de pont entre Orient et Occident.

Ce n’est pas seulement un projet politique : c’est le rêve d’un peuple éclairé, uni par la raison et par l’amour de sa terre. Car, comme toujours, la liberté et la grandeur des nations naissent de l’esprit de leurs citoyens. Notre diversité peut redevenir notre force, nos blessures une expérience, notre diaspora un soutien.

Tourner la page du confessionnalisme et de la dépendance est la seule voie pour que le Liban retrouve son rôle historique : phare de culture, d’entrepreneuriat et de liberté dans le monde arabe. Ce n’est pas une utopie lointaine, mais la conséquence naturelle d’un enseignement partagé, d’institutions équitables et d’un État souverain et libre dans ses choix.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Nous sommes, à n’en pas douter, un seul et même peuple.Nous sommes venus, porteurs d’histoires multiples, vivre ensemble au Liban dans la liberté, la dignité et l’indépendance. Pourtant, nos différences religieuses, communautaires et doctrinales ont suffi à semer le doute et la discorde. Par manque de conscience, de formation et d’enracinement national, nous avons laissé les puissances étrangères exploiter notre ignorance et défaire nos rangs. Ainsi sommes-nous tombés dans leurs filets sans opposer de résistance. L’histoire du Liban est riche d’épisodes où la diversité devint force : le commerce vibrant de Beyrouth, les universités ouvertes à toutes les confessions, les journaux et les maisons d’éditions qui illuminèrent le monde arabe. Mais elle porte aussi ses blessures : la guerre civile,...
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