Le maire de Baalbek, l’avocat Ahmad Al-Toufaili, a tenu une conférence de presse au centre municipal de Baalbeck le 21 septembre 2025. Photo Sara Abdallah/L’Orient-Le Jour
Le président du conseil municipal de Baalbeck, Ahmad Toufaïli, a fermement démenti au cours d’une conférence de presse organisée dans la ville abritant les ruines millénaires, que celles-ci aient servi de dépôt d’armes au Hezbollah, soulignant que le site accueille uniquement des fonctionnaires municipaux et des travailleurs.
Emboitant le pas au ministère de la Culture et à la Direction générale des Antiquités, il réagissait à une polémique lancée pendant le week-end par un ancien député des Forces libanaises, Antoine Zahra, qui avait avancé cette affirmation dans un entretien donné samedi aux médias libanais et disponible sur le site YouTube. Dans un communiqué publié dimanche, l’ancien élu est entre-temps revenu sur ses déclarations.
« L’animatrice m’a demandé mon avis sur le projet d’affichage de l’image de Hassan Nasrallah sur le rocher de Raouché (que le Hezbollah souhaite réaliser à l’occasion du premier anniversaire de son assassinat). J’ai répondu que ce n’était pas la première fois que le Hezbollah s’appropriait des symboles nationaux, archéologiques ou culturels — le parti ayant déjà utilisé la citadelle de Baalbeck comme dépôt d’armes pendant des décennies », a expliqué l'ancien parlementaire.
« Lorsqu'on m’a demandé si je craignais d’être accusé d’avoir indiqué à l’ennemi une cible Hezbollah, j’ai répondu : d’abord, Israël n’attend pas que moi ou vous identifions ses cibles. Ensuite, je faisais référence à la période 2001-2002, et je ne sais pas si cela s'est poursuivi après 2005. Ce qui est certain, c’est que le Hezbollah n’a plus utilisé la citadelle après le retour des festivals internationaux », a-t-il dit.
Accusations de diffamation
Ces nuances n’ont pas eu la résonance escomptée, une vive polémique ayant éclaté après leur diffusion samedi, poussant plusieurs acteurs à réagir. « Ce sont des propos extrêmement graves, d'autant plus qu’Israël avait déjà effectué des frappes très près des sites des ruines pendant les derniers mois de la guerre qui l’opposait au Hezbollah. Or, le contrôle sécuritaire du site a toujours été extrêmement strict, pour éviter justement de donner un prétexte », a déclaré à L’Orient-Le Jour une source suivant de près le dossier.
Début octobre, en plein conflit entre le Hezbollah et Israël, des frappes ont effectivement touché le centre de Baalbeck, situé à quelque 500 ou 700 mètres de la citadelle.
Au cours de sa conférence de presse, le président du conseil municipal de Baalbeck a rappelé que la municipalité avait organisé quatre festivals internationaux ainsi que des événements privés à la citadelle durant l’été, preuve selon lui qu’il n’existe rien de secret ou de restreint sur le site. Qualifiant les accusations d’Antoine Zahra « d’actes de trahison » et de « complots au service de l’ennemi », il a annoncé que la municipalité déposerait une plainte officielle contre lui pour incitation et trahison, conformément à l’article 274 du Code pénal.
Samedi, le ministère de la Culture avait lui aussi publié un communiqué dénonçant la diffusion sur les réseaux sociaux de l’interview de Zahra, dans laquelle il accusait le Hezbollah de cacher des armes et du matériel militaire à l'intérieur de la citadelle. Le ministère a précisé : « Ces affirmations sont totalement fausses et sans fondement. » Le ministère a enfin rappelé que le site de Baalbeck est signalé par l’emblème du bouclier bleu et figure sur la liste des sites bénéficiant d’une protection renforcée selon le Protocole II de la Convention de La Haye.
La Direction générale des Antiquités a confirmé de son côté que « seules les agences de sécurité libanaises sont présentes à l’intérieur de la citadelle de Baalbeck et en assurent la protection ».
S’ajoutant à ces démentis, Rakan al-Daïqa, coordinateur général du mouvement Baqoun, proche du Hezbollah, a indiqué que lui-même, ainsi que des responsables municipaux et sociaux de la région de Baalbeck-Hermel, déposeront lundi une plainte contre l’ancien député. Baqoun a pour mission d’apporter son aide aux communautés vulnérables touchées par les crises économiques et sociales au Liban, distribuant notamment des colis alimentaires, des fournitures médicales, du lait infantile et des vêtements.
Selon Rakan al-Daïqa, les propos de Zahra vont au-delà de l’opinion politique et constituent « une diffamation dangereuse qui porte atteinte à la réputation de Baalbeck et de ses habitants, mettent en danger la population locale et un site culturel d’importance — inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco — et constituent une offense directe envers la résistance et son droit légitime à défendre la nation ».


Nos RESPONSABLES et sympathisants de ce qu’on appelle « PROTECTION DU PATRIMOINE » TOUT le patrimoine c’est l’HABITUEL CHuuuuut ? Oui déjà pas mal de ce patrimoine a été détruit , récemment , et ….. SILENCE ! ah oui NOUS , on passe notre temps à accuser. Entre temps «iLS » effacent notre HISTOIRE, NOTRE CULTURE,NOTRE PRESENCE …
16 h 59, le 22 septembre 2025