Des familles de disparus ou de victimes de disparition forcée tenant le portrait de leurs proches, le 27 novembre 2018. Hassan Assal/Archives L’Orient-Le Jour
La Commission nationale pour les personnes disparues ou ayant fait l'objet d'une disparition forcée s'est dite surprise mercredi de ne pas avoir été représentée au sein de la délégation libanaise qui s'est rendue en visite dimanche en Syrie, et a réclamé de faire partie « à part entière » des négociations entre Beyrouth et Damas.
Deux délégations libanaises se sont rendues à Damas pour évoquer le dossier des prisonniers syriens au Liban ainsi que celui de la frontière commune, dimanche. Le 1er septembre, une délégation syrienne avait effectué une visite à Beyrouth, où elle s'est entretenue avec le vice-Premier ministre Tarek Mitri. Cette rencontre, la première du genre depuis la chute du régime syrien, avait planché sur les dossiers communs entre les deux pays, notamment celui des réfugiés, des détenus dans les prisons libanaises ainsi que le contrôle et la démarcation de la frontière et les disparus.
Peu après la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024, les autorités libanaises avaient annoncé qu’il y aurait 725 détenus libanais en Syrie, sans donner plus d’explications sur leur sort ni même sur leurs profils, à l’heure où les familles de disparus sont constamment à la recherche d’informations pouvant enfin les mener vers leurs proches.
La commission a salué le lancement des pourparlers libano-syriens sur les dossiers en suspens entre les deux pays, mais elle a exprimé son « étonnement face à la mise à l’écart de la Commission nationale officielle, seule instance légalement habilitée à suivre ce dossier et à participer à tout ce qui s’y rapporte », peut-on lire dans un communiqué transmis par l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). La Commission nationale indépendante, créée en 2020, est chargée de ce dossier à la suite de l’adoption en 2018 par le Parlement de la loi 105 sur les disparus et les victimes de disparition forcée.
Dans son communiqué, la Commission a rappelé qu’elle avait adressé un courrier au Premier ministre, Nawaf Salam, ainsi qu’à Tarek Mitri, chargé de piloter les relations entre le Liban et la Syrie. Elle y demandait que « le dossier des Libanais détenus dans les prisons syriennes, ainsi que celui des non-Libanais arrêtés sur le sol libanais, soit placé en tête des priorités des discussions entre les deux pays », précisant que la réponse de M. Mitri avait été « positive » quant à « la priorité de ce dossier et à l’intégration, au sein de la délégation libanaise de négociation, d’un représentant de la Commission nationale des disparus et des personnes victimes de disparition forcée ».
Le groupe a encore dénoncé une « marginalisation des droits des familles » de disparus, qui « prive tout effort officiel de crédibilité et de sérieux. »
La Commission des familles demande donc « au gouvernement libanais de revoir immédiatement la composition de la délégation officielle chargée des négociations, afin de corriger cette anomalie en associant la Commission nationale des disparus et des personnes victimes de disparition forcée comme partenaire à part entière. »

