Un bâtiment endommagé, à la suite d'une attaque israélienne contre des dirigeants du Hamas, selon un responsable israélien, à Doha, au Qatar, le 9 septembre 2025. (Crédit : Ibraheem Abu Mustafa/Reuters)
De nouveaux responsables, politique et religieux, ont joint leurs voix mercredi aux nombreuses condamnations, au Liban, des frappes aériennes israéliennes qui ont visé la veille des membres du Hamas à Doha, la capitale du Qatar, quelques heures après qu'Israël avait proposé un nouvel accord de trêve soutenu par les États-Unis.
Le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, a ainsi exprimé sa solidarité avec le Qatar après les frappes israéliennes, estimant que ces bombardements « sortent du cadre naturel et logique des choses ». « Le Qatar a toujours été un pays neutre, déployant tous les efforts possibles lorsqu’un différend survenait entre deux États. Jamais il n’a agressé qui que ce soit, ni pris part à un conflit, mais, au contraire, il s’est toujours empressé d’apporter son aide quand cela était nécessaire », a écrit M. Geagea sur X, rappelant les aides qataries au Liban des 20 dernières années. « Nous, Libanais, sommes totalement solidaires du peuple qatari frère, et nous espérons que, malgré cette agression, le Qatar demeurera toujours une oasis de sécurité, de paix et de stabilité », a-t-il ajouté.
Le Qatar avait envoyé à plusieurs reprises des aides au Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), apportant un soutien financier et politique. Le pays a également joué un rôle de médiateur lors de plusieurs crises politiques au fil des années.
Une agression « qui menace la sécurité et la stabilité dans la région »
De son côté, le mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane, a exprimé dans un communiqué « la solidarité et le soutien de Dar el-Fatwa envers l’État du Qatar suite à l’attaque sioniste contre Doha qui a visé le bureau du Hamas ». Il a condamné une « agression dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité dans la région. » Selon lui, « Israël ne respecte pas la souveraineté des États et viole les lois internationales sans rendre de comptes, ce qui exige que la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU tiennent l’entité sioniste responsable des crimes brutaux qu’elle a commis au Qatar, à Gaza, en Syrie et au Liban. »
Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, s’est entretenu par téléphone avec l’ambassadeur du Qatar, cheikh Saoud ben Abdelrahman al-Thani. Il a condamné « l’agression israélienne contre l’État frère du Qatar » et a réaffirmé « le soutien constant du Liban au Qatar et à son peuple, comme ce pays a toujours été aux côtés du Liban et de son peuple dans les moments les plus difficiles ».
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a lui aussi condamné mercredi l’attaque israélienne, affichant sa solidarité avec les dirigeants du Qatar et son peuple. Il en a profité pour remercier Doha pour son soutien constant au Liban et à l’armée libanaise, saluant la solidité des relations entre les deux pays. Alors qu’il recevait l’ambassadeur du Qatar, au siège du CPL, à Sin el-Fil, le chef du CPL a salué « le rôle joué par Doha de médiateur actif dans la résolution des conflits régionaux et internationaux ». « La sécurité et la stabilité des pays arabes est une priorité commune », a-t-il souligné, selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information.
Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, a également reçu l’ambassadeur qatari et lui a exprimé sa vive condamnation de l'attaque israélienne et réaffirmé sa solidarité totale avec l’émirat, son gouvernement et son peuple. Le chef des Kataëb a tenu à rappeler « le rôle positif que le Qatar a sans cesse joué pour soutenir le Liban et l'institution militaire par ses contributions importantes et en se tenant aux côtés des Libanais dans les épreuves les plus difficiles qu'ils ont traversées ». L'ambassadeur qatari a aussi été reçu par le leader druze Walid Joumblatt à Clemenceau.
Les responsables et négociateurs du Hamas ciblés à Doha ont survécu, avait indiqué mardi soir le Hamas dans un communiqué, ajoutant que le fils de l’un des chefs du groupe, Khalil Hayyé, le directeur de son bureau, et trois autres personnes accompagnant la délégation avaient été tués. L’attaque a également causé la mort d’un membre des services de sécurité qataris et fait plusieurs blessés, selon le ministère de l’Intérieur à Doha. Le Hamas a déclaré qu’il tiendrait les États-Unis pour responsables de cette frappe et que l’attaque « ne changera pas » ses revendications pour une trêve, réitérées comme incluant l’arrêt immédiat de la guerre et le retrait total d’Israël de Gaza.


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