Des Palestiniennes pleurant la mort de deux fillettes de 2 et 5 ans, Layan et Iman Salem, tuées dans une frappe israélienne sur une tente de déplacés à Gaza-Ville, le 8 septembre 2025. Photo Omar AL-QATTAA / AFP
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé lundi la « rhétorique génocidaire » de dirigeants israéliens sur Gaza, appelant la communauté internationale à prévenir un génocide dans ce « cimetière » qu'est devenu le territoire palestinien.
« Je suis horrifié par l'utilisation sans détour d'une rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables israéliens », a déclaré Volker Türk, à l'ouverture de la 60e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. Il a appelé à « agir maintenant pour mettre fin au carnage », estimant que la communauté internationale « manque à son devoir ». « Nous manquons à notre devoir envers la population de Gaza. Où sont les mesures décisives pour prévenir un génocide ? Pourquoi les pays ne font-ils pas davantage pour prévenir les atrocités criminelles ? » a-t-il poursuivi. « La région réclame la paix. Gaza est un cimetière », a-t-il dit.
Le territoire palestinien assiégé par Israël est dévasté et en proie à la famine selon l'ONU. L'armée israélienne, qui dit contrôler environ 75% de la bande de Gaza et 40% de Gaza-ville, a indiqué vouloir s'emparer de cette dernière agglomération, la plus grande du territoire située dans le nord.
L'offensive dévastatrice israélienne a été lancée dans la bande de Gaza en riposte à une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir du territoire palestinien voisin.
« Les massacres de civils palestiniens perpétrés par Israël à Gaza ; les souffrances indescriptibles et les destructions massives qu'il inflige ; l'entrave à l'aide vitale suffisante et l'inanition qui en résulte pour les civils ; les assassinats de journalistes, de personnels de l'ONU et d'employés d'ONG, et les crimes de guerre qu'il commet, choquent les consciences dans le monde », a affirmé M. Türk.
Le Haut-Commissaire demande aux pays de « stopper l'afflux vers Israël d'armes qui risquent de violer les lois de la guerre » et d' « exercer une pression maximale pour obtenir un cessez-le-feu, la libération des otages et des personnes détenues arbitrairement, et l'entrée d’une aide humanitaire suffisante à Gaza, par tous les moyens à leur disposition ». Il les appelle également à prendre « des actions décisives pour s'opposer au projet de prise de contrôle militaire de Gaza par Israël et à l'annexion accélérée de la Cisjordanie occupée ».
Peu après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Israël, tout comme les Etats-Unis, ont cessé de participer aux débats devant le Conseil des droits de l'homme.


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