Édito Édito

Silence, on tue !

La prorogation du mandat de la FINUL, conditionnée par un retrait prématuré prévu en 2027, a été obtenue au forceps. Pourquoi ? Parce que les États-Unis veulent faire pression sur le gouvernement libanais pour l’obliger à se soumettre à leurs désirs, tout en damant le pion à la France, et que l’État hébreu s’accommode mal de la présence de ces casques bleus dévoués à leur mission de maintien de la paix et les prend même pour cible pour les punir de consigner ses agressions quotidiennes et de coopérer avec l’armée libanaise pour l’application de la résolution 1701 qu’il souhaite dépasser. En d’autres termes, Israël aurait voulu se débarrasser de ce témoin gênant – un peu comme dans un polar ou un thriller. Albert Camus avait raison : « Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime si ce n’est l’obstination du témoignage ? »

Un ami libanais à New York, ayant des collègues juifs dans le cadre de sa profession, m’assure à quel point les jeunes de cette communauté sont outrés par la barbarie du régime Netanyahu et encouragent même les manifestations pro-palestiniennes dans la ville, refusant que l’État hébreu se comporte de la sorte, assassinant plus de 16 000 enfants, détruisant des quartiers entiers, exilant des familles innocentes, rasant des hôpitaux, éliminant des dizaines de journalistes et affamant la population. En attendant le sursaut des nations qui se contentent de déplorer et de menacer sans passer à l’action, voici qu’une flottille part de Barcelone pour rallier Gaza et ravitailler les victimes, malgré les intempéries. Il y a sans doute peu de chances pour que cette armada humanitaire arrive à bon port, les Israéliens étant prêts à la repousser ou à la couler, forts de l’impunité – j’allais dire : l’immunité – scandaleuse dont ils jouissent. Qu’à cela ne tienne : la flottille en soi est déjà une gifle assénée aux génocidaires, car elle démontre aux yeux du monde le manque d’humanité de ceux-ci, incapables d’accepter que de la nourriture et des médicaments parviennent aux assiégés. Il n’y a pas d’impunité dans l’Histoire. Tôt ou tard, les tortionnaires devront répondre de leurs actes. Et ceux qui croient pouvoir fuir les poursuites pour corruption en prolongeant la guerre et en multipliant les fronts, se fourrent le doigt dans l’œil. Car cette fuite en avant les conduit déjà à un jugement autrement plus sévère, pour génocide et crimes contre l’humanité. Quant aux États qui se lavent les mains, ils sont tout aussi responsables. Pour non-assistance à peuple en danger.


La prorogation du mandat de la FINUL, conditionnée par un retrait prématuré prévu en 2027, a été obtenue au forceps. Pourquoi ? Parce que les États-Unis veulent faire pression sur le gouvernement libanais pour l’obliger à se soumettre à leurs désirs, tout en damant le pion à la France, et que l’État hébreu s’accommode mal de la présence de ces casques bleus dévoués à leur mission de maintien de la paix et les prend même pour cible pour les punir de consigner ses agressions quotidiennes et de coopérer avec l’armée libanaise pour l’application de la résolution 1701 qu’il souhaite dépasser. En d’autres termes, Israël aurait voulu se débarrasser de ce témoin gênant – un peu comme dans un polar ou un thriller. Albert Camus avait raison : « Qui répondrait en ce monde à la...
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