Des membres des forces de sécurité talibanes montent la garde dans une rue lors d'un rassemblement marquant le quatrième anniversaire de la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, à Ghazni, le 15 août 2025. Photo AFP / MOHAMMAD FAISAL NAWEED
Quarante-six Afghans ayant fui les talibans sont finalement arrivés lundi en Allemagne, après des mois d'attente au Pakistan et des décisions de la justice allemande obligeant le gouvernement, très réticent, à les accueillir.
L'avion de ligne en provenance d'Istanbul à bord duquel se trouvaient ces dix familles a atterri vers 14h00 à Hanovre (nord), selon un collaborateur de l'AFP présent à l'aéroport et l'organisation non-gouvernementale « Kabul Luftbrücke » (Pont aérien Kaboul). Le gouvernement allemand n'a pas réagi dans l'immédiat. Selon « Kabul Luftbrücke », une 47e personne ayant manqué la correspondance à Istanbul doit se présenter dans la soirée sur le territoire allemand.
L'arrivée de ce groupe d'Afghans ayant fui le retour des talibans au pouvoir en 2021 est une première depuis que le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a pris ses fonctions début mai.
Dans un contexte de durcissement de la politique migratoire, face notamment à la montée du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), la coalition des conservateurs et des sociaux-démocrates au pouvoir avait décidé de mettre fin « dans la mesure du possible » à ces programmes d'accueil. Mais la justice allemande a imposé aux autorités d'accueillir ces 47 Afghans, estimant que l'engagement pris précédemment par Berlin était juridiquement contraignant. Face à la situation de plus en plus précaire des réfugiés afghans au Pakistan, qui a entamé en avril une campagne d'expulsions massive, l'Allemagne avait annoncé la semaine dernière qu'elle accepterait finalement certains Afghans sur son sol.
Eva Beyer, la porte-parole de « Kabul Luftbrücke », a relevé, auprès de l'AFP, que les nouveaux arrivants avaient « attendu environ trois ans » avant d'être accueillis par l'Allemagne et qu'ils étaient sur une liste de personnes prioritaires, destinée à protéger notamment d'anciens collaborateurs afghans de l'armée et d'autres institutions allemandes. Les dix demandeurs principaux, huit femmes et deux hommes, fréquentaient les « milieux de la politique, de la justice, du journalisme » et une d'entre elles a « travaillé en tant que médecin dans l'armée », a-t-elle précisé.
Plus de 2.100 Afghans bénéficiant d'une promesse d'accueil des autorités allemandes sont encore bloqués au Pakistan. L'examen de leur dossier « pourrait prendre un certain temps », a répété lundi un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur au cours d'un point presse. Environ 200 autres ont été récemment expulsés dans leur pays d'origine par le Pakistan mais Berlin « travaille à leur retour », a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Selon ce dernier et Eva Beyer, environ 85 Afghans ont engagé une procédure judiciaire pour faire valoir leur droit à l'accueil en Allemagne avec leurs familles.


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