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Moyen-Orient - Reportage

Dans un village afghan, le séisme n'a épargné « aucune famille »

À Wadir, un bourg de montagne où vivaient jusqu'ici des milliers de personnes, « dans chaque famille, il y a au moins un mort ou un blessé ».

Un garçon afghan blessé (en bas) reçoit des soins à l'hôpital après un tremblement de terre à Jalalabad, en Afghanistan, le 1er septembre 2025. Photo AFP / AIMAL ZAHIR

Dans le village de Wadir, aucun foyer n'a été épargné : ici, dans l'est de l'Afghanistan, depuis que la terre a tremblé au beau milieu de la nuit, chaque maison compte au moins un mort ou un blessé, tandis que plus aucune habitation ne tient debout. Dans ce paysage dévasté où surnagent à un endroit le cadavre d'une vache, à un autre d'une chèvre et, partout, des morceaux des charpentes de bois qui se sont écroulées comme des châteaux de cartes, l'odeur de la mort prend à la gorge. 

Au loin, des cris et des lamentations de femmes résonnent - un deuil invisible car elles sont été emmenées à la sortie de la localité, loin des regards de tous les nouveaux venus dans la zone. Devant ce qui fut une maison de terre battue, des secouristes accueillis en héros à leur descente d'hélicoptère et des villageois tentent de dégager à la pelle ou à la main les gravats.

Un secouriste qui a aidé à extirper une femme de ces mêmes décombres s'active -faisant fi des secousses qui continuent à tout faire trembler et à causer un bruit d'enfer que les montagnes alentour réverbèrent.

« Enfants à l'intérieur »

« Quand on l'a évacuée, elle a dit qu'elle s'inquiétait pour ses enfants qui étaient encore à l'intérieur », raconte-t-il à l'AFP, avant de retourner à son labeur. Tous les quarts d'heure, dans un vacarme assourdissant, un hélicoptère se pose. Aussitôt, des soldats en sortent, déposent pain et eau pour la population et attrapent les brancards sur lesquels sont transportés les blessés les plus graves.

Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui, comme tout le monde au village, dormaient au moment du tremblement de terre, seront hospitalisés à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar, à une quarantaine de kilomètres de là à vol d'oiseau. Passer par les routes qui serpentent dans la montagne serait impossible : elles sont trop escarpées et beaucoup ont de toute façon été emportées par des glissements de terrain avec le séisme. Dès minuit, tandis que de nouvelles secousses se faisaient encore sentir, le décompte macabre a commencé. L'Afghanistan, l'un des pays les plus pauvres du monde, régulièrement meurtri par des catastrophes naturelles qui iront se multipliant sous les effets du changement climatique, a alors recensé des centaines de morts. Des milliers de blessés s'étaient déjà entassés dans des hôpitaux où médecins et infirmiers s'activaient au milieu du ballet des brancards.

A Wadir, un bourg de montagne où vivaient jusqu'ici des milliers de personnes sur les coteaux verdoyants de la province de Kounar, personne ne se risque encore à établir un bilan humain. Mais « aucun foyer » n'a été épargné, assure à l'AFP Gul Mohammed Rassouli, un villageois de 55 ans : dans chaque famille, il y a au moins un mort ou un blessé », dit-il.

De retour du Pakistan

L'imam du village, Irfan Ulhaq, raconte à l'AFP que Wadir compte « entre 1.000 et 1.200 maisons, qui, pour moitié, abritaient des familles tout juste rentrées du Pakistan », en pleine campagne d'expulsion de plusieurs millions d'Afghans présents sur son sol. Les sismologues connaissent bien le nord-est de l'Afghanistan : depuis 1900, ils y ont enregistré 12 tremblement de terre d'une magnitude supérieure à 7.

Mais Mohammed Jawad n'avait jamais connu en 20 ans d'existence un séisme aussi violent que celui survenu cette nuit : 6 sur l'échelle de Richter et des secousses de plus de 5. « Quand il y a eu le tremblement de terre, j'ai couru hors de la maison et elle s'est écroulée derrière moi », dit-il à l'AFP, affirmant que, parmi les dix membres de sa famille, l'un a été tué et quasiment tous les autres ont été blessés.

Si le pire est arrivé de sous leurs pieds cette nuit, les regards de tous les habitants de Wadir se tournent désormais vers le ciel. Au-dessus d'eux, des nuages noirs n'augurent rien de bon : il pourrait pleuvoir tandis que l'obscurité les enveloppera bientôt.

Dans le village de Wadir, aucun foyer n'a été épargné : ici, dans l'est de l'Afghanistan, depuis que la terre a tremblé au beau milieu de la nuit, chaque maison compte au moins un mort ou un blessé, tandis que plus aucune habitation ne tient debout. Dans ce paysage dévasté où surnagent à un endroit le cadavre d'une vache, à un autre d'une chèvre et, partout, des morceaux des charpentes de bois qui se sont écroulées comme des châteaux de cartes, l'odeur de la mort prend à la gorge. Au loin, des cris et des lamentations de femmes résonnent - un deuil invisible car elles sont été emmenées à la sortie de la localité, loin des regards de tous les nouveaux venus dans la zone. Devant ce qui fut une maison de terre battue, des secouristes accueillis en héros à leur descente d'hélicoptère et...
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