Des enfants ayant fui les bombardements israéliens dans le sud du Liban participent à un atelier de dessin organisé par des bénévoles, dans un centre d'accueil à Beyrouth où ils ont trouvé refuge avec leurs familles, le 20 octobre 2024, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah se poursuit. Ibrahim Amro/AFP
Trois syndicats d’enseignants du secteur public, secondaire, technique et de base, ont affirmé samedi que la semaine scolaire se déroulera bien sur quatre jours, mais qu'ils n'accepteront pas que les périodes de cours passent de 45 à 50 minutes, à l'instar de ce qui était fait l'année dernière. Cette prise de position intervient une semaine après la confirmation par la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, du régime de quatre jours hebdomadaires, pour la troisième année consécutive, et de sa décision d’augmenter la période à 50 minutes.
« Nous confirmons qu’il n’y aura pas de modification de l’horaire ni de la durée des périodes, et que la semaine de travail restera de quatre jours et les cours de 45 minutes », a souligné le communiqué publié par les syndicats à l’issue d’une réunion virtuelle des trois syndicats. « Tout changement impliquerait l'adoption d'une nouvelle grille salariale, ce qui modifierait l'accord conclu avec la ministre, et nous conduirait à prendre les mesures qui s’imposent », ajoute le communiqué, dans une réponse évidente à la ministre Karamé, agitant même la menace de l’escalade, si l'avis des syndicats n'était pas pris en considération.
La rentrée scolaire, fixée au 15 septembre prochain, se déroule dans un contexte compliqué pour les enseignants du public dont les salaires n’ont toujours pas été revalorisés après l’effondrement de la livre libanaise depuis 2019. Malgré quelques décisions cosmétiques d’ajustements salariaux et de versement de primes, leurs salaires plafonnent à quelques centaines de dollars par mois contre un ou plusieurs milliers avant la crise financière. Résultat, les enseignants du public n’ont accepté de reprendre les cours qu’à la condition de pouvoir travailler dans le privé au moins une journée par semaine, où ils sont nettement mieux payés.
Les syndicats ont aussi réclamé l’augmentation des salaires mensuels des enseignants cadrés et des salaires horaires des contractuels, dans le cadre d’une nouvelle échelle salariale, espérant que ces décisions seront discutées lors d’une « rencontre très attendue » avec le ministre des Finances, Yassine Jaber.
La profession d’enseignant n’est pas soumise au code du travail libanais, mais à la même grille salariale que la fonction publique, qui est restée inchangée depuis le début de la crise. En dépit de cela, seuls les salaires des enseignants de l’école privée ont bénéficié de profonds remaniements, et sont aujourd’hui indexés au dollar qui s’échange à 89.500 livres contre 1.500 LL au début de 2019.
Les syndicats d’enseignants du public ont par ailleurs annoncé leur intention de donner une conférence de presse mardi 2 septembre à 16 heures, au siège du syndicat de l’enseignement de base, pour évoquer la rentrée scolaire.
Dans une interview à L'Orient-Le Jour, en mai dernier, la ministre de l'Éducation avait reconnu que les élèves du public au Liban avaient au moins trois ans de retard, selon la Banque mondiale. Elle s'était engagée à réhabiliter l'école publique et à relever le niveau de l'éducation.


Et v'là encore un pas de plus vers l'éducation de la nouvelle génération de libanais qui s'en va à-vau-l'eau ...
16 h 04, le 30 août 2025