Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne participent à une réunion informelle au Forum Copenhagen, à Copenhague, le 30 août 2025. Photo AFP/EMIL HELMS
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas a reconnu samedi ne pas être « très optimiste » sur la possibilité que les Vingt-Sept sanctionnent Israël, en dépit de la situation humanitaire catastrophique dans le territoire palestinien de Gaza.
« Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas adopter de décisions aujourd'hui (samedi) », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. « Cela envoie le signal que nous sommes divisés », a déploré Mme Kallas.
La Commission européenne a proposé la suspension des financements européens aux start-ups israéliennes, mais « même cette mesure », plutôt « indulgente » n'a pas été retenue par les 27 en raison de leurs divisions, a souligné la dirigeante estonienne.
Plusieurs pays de l'UE, dont l'Allemagne, la Hongrie ou la Slovaquie, sont réticents à prendre des mesures contre Israël, tandis que d'autres, comme l'Irlande ou l'Espagne y sont beaucoup plus favorables. Le Danemark, qui préside actuellement le conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère.
L'UE doit « « passer des mots aux actes », a affirmé son chef de la diplomatie Lars Lokke Rasmussen, suggérant par exemple d'interdire les importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie. Cette décision, qui relève de la politique commerciale, peut être prise à la majorité qualifiée, a-t-il expliqué.
La règle de l'unanimité bloque un grand nombre de décisions non seulement sur Israël mais aussi sur l'Ukraine en raison de l'hostilité de la Hongrie. « Nous avons un problème constitutionnel en Europe: le bateau le plus lent dans le convoi décide de la vitesse. Nous devons prendre des mesures pour que la majorité puisse s'exprimer », a expliqué le ministre danois.
La situation à Gaza est une « tragédie absolue », a déclaré de son côté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. La bande de Gaza, où sévit la famine, est arrivée à un « point de rupture », selon le Programme alimentaire mondial (PAM).
Malgré des pressions croissantes, tant à l'international qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza pour en finir avec le mouvement islamiste Hamas, et ramener tous les otages enlevés durant l'attaque du 7-Octobre.

