Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Crise Humanitaire

Famine à Gaza : l'enclave est arrivée à un « point de rupture », alerte la cheffe du PAM en visite sur place

Dans un rapport, les experts de l'ONU avaient averti le 22 août que 500.000 personnes se trouvaient dans un état « catastrophique » à Gaza.

Des enfants palestiniens lors d'une distribution de nourriture à l'ouest de Gaza-Ville, le 28 août 2025. Photo AFP/BASHAR TALEB

La bande de Gaza, où sévit selon l'ONU une famine, est arrivée à un « point de rupture », a déclaré jeudi la cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, après une visite sur place. « J'ai rencontré des enfants qui meurent de faim recevant des traitements pour malnutrition grave, et j'ai vu des photos d'eux quand ils étaient en bonne santé. Ils sont méconnaissables », a affirmé la cheffe de cette agence de l'ONU basée à Rome, citée dans un communiqué. « Le désespoir est à son comble et j'en ai été le témoin direct », a-t-elle ajouté.

Ces déclarations interviennent alors qu'Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de l'ONU comme « fabriquées de toutes pièces ».

« Assez c'est assez »

Mme McCain s'est rendue à Deir el-Balah, où elle a visité une clinique maintenant en vie des enfants souffrant de malnutrition et a rencontré des mères déplacées qui lui ont raconté leur lutte quotidienne pour survivre. Elle est également allée à Khan Younès. « Nous devons urgemment être en mesure de relancer notre vaste réseau fiable de 200 points de distribution de nourriture à travers la bande de Gaza, des cuisines communautaires et des boulangeries », a-t-elle affirmé. « Il est urgent que les conditions idoines soient en place afin que nous puissions aider les plus vulnérables et sauver des vies ».

Outre la bande de Gaza, la cheffe du PAM s'est aussi rendue en Israël, où elle a notamment rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et à Ramallah, où elle s'est entretenue avec le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa. « Ce dont nous avons besoin, c'est un cessez-le-feu. Mon cœur va aux mères de Gaza, ainsi qu'aux mères des otages israéliens, dont les enfants meurent de faim actuellement. Assez c'est assez », a jugé Mme McCain.

La veille, mercredi, tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, à l’exception des États-Unis, ont affirmé que la famine à Gaza était une « crise d'origine humaine », alors qu'Israël restreint drastiquement les flux d'aides humanitaires dans l'enclave assiégée et bombardée, et ont averti que l’utilisation de la famine comme arme de guerre est interdite par le droit international humanitaire.

Dans une déclaration conjointe, ces 14 membres du Conseil ont réclamé un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent, la libération de tous les otages détenus par le Hamas et d’autres groupes et une augmentation substantielle de l’aide sur l’ensemble de la bande de Gaza. Ils ont exigé qu’Israël lève immédiatement et sans condition toutes les restrictions concernant la livraison de l’aide. « La famine à Gaza doit être stoppée immédiatement. Le temps presse. L’urgence humanitaire doit être traitée sans délai et Israël doit changer de cap », ont-ils déclaré dans leur texte.

Repère

« Famine de masse » à Gaza : le point sur cette « arme de guerre »

La ville de Gaza et ses environs souffrent officiellement d'une famine qui devrait probablement s’étendre, avait indiqué vendredi dernier un observatoire mondial de la faim. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), basé à Rome et soutenu par l'ONU, 514 000 personnes – près d’un quart des Palestiniens à Gaza – sont en situation de famine, un chiffre qui devrait atteindre 641 000 d’ici la fin septembre. Israël a toutefois demandé mercredi à l'IPC de rétracter son évaluation et rejeté ses conclusions en les qualifiant de fausses et biaisées, arguant qu'il avait basé son enquête sur des données partielles fournies en grande partie par le Hamas, sans tenir compte d’un récent afflux de nourriture.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur Gaza mercredi, l’ambassadrice américaine par intérim auprès de l’ONU, Dorothy Shea, a mis en doute la crédibilité et l’intégrité du rapport de l’IPC, affirmant qu’il « n’était conforme ni à l’un ni à l’autre ». « Nous reconnaissons tous que la faim est un problème réel à Gaza et qu’il existe d’importants besoins humanitaires qui doivent être satisfaits. Répondre à ces besoins est une priorité pour les États-Unis, » a-t-elle déclaré au Conseil composé de 15 membres.

Cet article est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche publiée en anglais par l'agence Reuters.

La bande de Gaza, où sévit selon l'ONU une famine, est arrivée à un « point de rupture », a déclaré jeudi la cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, après une visite sur place. « J'ai rencontré des enfants qui meurent de faim recevant des traitements pour malnutrition grave, et j'ai vu des photos d'eux quand ils étaient en bonne santé. Ils sont méconnaissables », a affirmé la cheffe de cette agence de l'ONU basée à Rome, citée dans un communiqué. « Le désespoir est à son comble et j'en ai été le témoin direct », a-t-elle ajouté.Ces déclarations interviennent alors qu'Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut