Un véhicule de l’armée libanaise à Wadi Khaled, dans le nord du Liban, près de la frontière avec la Syrie. Photo envoyée par Michel Hallak
L’armée libanaise a libéré mardi soir dans les collines de Khraybé, dans la Békaa-Nord, un garçon syrien de 14 ans qui avait été enlevé plus tôt dans la journée à la suite d’échanges de tirs entre passeurs à la frontière orientale du Liban avec la Syrie, selon notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah, et l'armée libanaise. Quatre autres Syriens, enlevés au cours du même incident, sont toujours retenus captifs.
L'échange de tirs avec des passeurs venus du village syrien de Serghaya, près du jurd (arrière-pays) de Khraybé, avait fait deux morts, dont le Libanais Zayn Issa, et un blessé. Selon les informations disponibles, ce dernier, identifié comme Fayez Issa, aurait été transporté en Syrie contre son gré pour y être hospitalisé.
Quelques heures après cette fusillade, des individus non identifiés ont enlevé cinq personnes de la famille al-Joujou, dont l’adolescent par la suite libéré, près de l’entrée de la ville de Baalbeck. Le jeune garçon habite Douris et est de mère libanaise. Selon les informations relayées par notre correspondante, l’enlèvement visait à faire pression pour la libération de Fayez Issa. Suite à cela, l’armée libanaise a mené une opération à Haour Taala (à l’est de Baalbeck) où elle a installé plusieurs barrages routiers et procédé à des fouilles de véhicules.
Parallèlement, l’armée a éloigné les bergers de la frontière libano-syrienne, craignant que des tensions et de nouveaux enlèvements ne surviennent, à la suite du rapt des cinq Syriens.
L’armée s’est fortement déployée à la frontière entre le Liban et la Syrie après la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024, afin de faire face aux problèmes liés à la porosité de la frontière, dans le cadre de la lutte contre la contrebande et le trafic aux frontières nord et est du Liban. En février et mars derniers, des affrontements liés à des opérations de contrebande ont éclaté entre les forces de sécurité syriennes et des chefs de clans chiites libanais résidant près de la frontière. Les troupes ont en outre fermé plusieurs points de passage illégaux dans la région de Macharih el-Qaa à la mi-juillet. Ces routes étaient largement utilisées pour des traversées clandestines, le transit de marchandises et le trafic de carburant.


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