L'ex-gouverneur de la Banque du Liban, lors d'une interview à la chaîne LBCI. Capture d'écran tirée du site de la LBCI
La chambre d’accusation de Beyrouth, présidée par le juge Nassib Elia, a accepté mardi une demande de remise en liberté de l’ex-gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, visé par plusieurs affaires de corruption au Liban et à l'étranger. La caution exigée atteint des sommets : 20 millions de dollars et cinq milliards de livres libanaises en espèces. Le paiement des cinq milliards servira de garantie pour sa présence aux audiences à venir. Il lui est également interdit de voyager pendant un an, a indiqué une source judiciaire à L’Orient-Le Jour.
Nassib Élia a décidé de le libérer pour des raisons médicales, a ajouté cette source. Il s’est appuyé sur le rapport d’une commission de médecins légistes. M. Salamé souffrirait notamment d’hypertension et d’une atteinte pulmonaire.
La décision de la Chambre d'accusation s'inscrit dans l'affaire du Compte de consultations liée à des transactions entre Optimum Invest et la BDL de quelque 44 millions de dollars entre cette société de courtage financière et la banque centrale. Ces virements bancaires auraient été effectués à partir de la société Optimum Invest à un compte de consultation de la BDL avant d'être versés dans des comptes privés.
L'ancien patron de la banque centrale, qui reste actuellement en détention, se trouve ainsi devant deux options : payer la caution ou y faire opposition devant la même instance pour tenter de réduire son montant.
Contacté par L'Orient-Le Jour, l'avocat de Riad Salamé, Marc Habka, s'est félicité de la décision de remise en liberté de son client mais a considéré comme « illogique » le montant de la caution financière, d'autant qu' « il n'y a aucune preuve qu'il soit impliqué dans l'affaire Optimum ». En effet, cette caution, la plus élevée de l’histoire du Liban, est considérée comme excessive par plusieurs observateurs, d'autant que Riad Salamé n'aurait pas accès à des fonds qu'il possèderait à l'étranger. Le dossier est sous enquête et la Chambre d'accusation a décidé d'élargir ses investigations en procédant à des interrogatoires.
Egalement contacté par L’Orient-Le Jour, Pierre-Olivier Sur, l’avocat de Riad Salamé en France, a salué la décision. « L’Allemagne a déjà annulé un mandat d’arrêt international à son encontre et en France des saisies immobilières ont été libérées », a-t-il dit. Il a aussi estimé qu’au Liban cette affaire constitue un « procès politique alors que les principaux responsables libanais ont bénéficié des faveurs de M. Salamé pendant une génération ».
Déjà dans l'affaire de l'exploitation de biens immobiliers en France, une demande de remise en liberté de M. Salamé avait été acceptée contre une caution de trois millions de dollars. Mais cette somme n'a pu jusqu'ici être assurée et reste exigée pour sa remise en liberté. M. Salamé devra donc s’acquitter d'un total de 23 millions de dollars.
Un autre avocat de M. Salamé avait fait opposition pour réduire la somme de trois millions mais le Premier juge d'instruction du Mont-Liban Nicolas Mansour, en charge de l'affaire (location par la BDL d'un local sur les Champs Élysées), avait rejeté cette demande. Selon nos informations, il serait question d'assurer une garantie foncière qui équivaut à la somme des trois millions.
Riad Salamé, dont le mandat s'est terminé fin juillet 2023, était poursuivi pour « malversations financières présumées » dans plusieurs affaires au Liban et à l'étranger. Des accusations qu'il continue de rejeter. Il faisait l'objet d'un 3e mandat d'arrêt dans le cadre de l'affaire Talal Abou Ghazalé. Datant de 2021, la plainte du déposant Abou Ghazalé – qui détiendrait plusieurs millions de dollars bloqués à la Société générale de banque au Liban (SGBL) – reproche notamment à M. Salamé d’avoir émis « des circulaires visant à changer le système économique libéral prévu par le préambule de la Constitution (…), dans le but de (…) dissimuler l’état de faillite qui frappe la majorité des banques au Liban ». Riad Salamé avait toutefois été remis en liberté dans cette affaire, sous caution d'une somme (moins conséquente que les autres) qui avait été versée.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Quelle honte!!! Liberer un mafieux criminel ayant des dossiers compromettants sur baucoup de politiciens...
11 h 31, le 29 août 2025