Le chef de la diplomatie britannique David Lammy, lors d'une rencontre avec le vice-président américain, JD Vance, le 8 août 2025 à Chevening, au Royaume-Uni. SUZANNE PLUNKETT
Le chef de la diplomatie britannique David Lammy a jugé que l'état de famine à Gaza, déclaré vendredi par l'ONU, constituait un « scandale moral », estimant que celle-ci était « totalement évitable ». « Le refus du gouvernement israélien de laisser entrer une aide suffisante à Gaza a provoqué cette catastrophe d'origine humaine. C'est un scandale moral », a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.
Après des mois de mises en garde humanitaires, l'ONU a officiellement déclaré vendredi la famine dans le gouvernorat de Gaza (nord), qui fait partie du territoire palestinien assiégé. Selon ses experts, plus d'un demi-million de personnes affrontent des conditions « catastrophiques », le niveau de détresse alimentaire le plus élevé du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), caractérisé par la famine et la mort.
« Le gouvernement israélien peut et doit agir immédiatement pour empêcher la situation de se détériorer davantage », en permettant « l'acheminement sans entraves » de nourritures, de carburant ou de médicaments, a déclaré M. Lammy. Il « doit autoriser l'ONU et les ONG internationales à mener leurs travaux humanitaires vitaux sans obstruction », a-t-il ajouté, réitérant son appel à un cessez-le-feu immédiat.
Israël a tout de suite rejeté le rapport onusien, qu'il dit bâti sur des « mensonges » et « fabriqué +sur-mesure+ » pour le Hamas, le mouvement islamiste palestinien dont l'attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes et déclenché la guerre. Selon l'IPC, la famine devrait s'étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah (centre) et Khan Younès (sud) d'ici à fin septembre.
M Lammy a également réclamé « l'arrêt de l'opération militaire dans la ville Gaza, qui est l'épicentre de la famine », et ne fera « qu'aggraver une situation déjà catastrophique, tout en mettant en danger la vie des otages détenus par le Hamas ».
Israël, qui contrôle aujourd'hui environ 75% du territoire palestinien, a approuvé cette semaine un plan d'assaut contre Gaza-ville, la plus grande du territoire, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 62.192 morts dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.


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