Le chef des Kataëb Samy Gemayel. Photo publiée sur le site du parti
Le chef des Kataëb Samy Gemayel a accusé l'Iran et le Hezbollah de vouloir « entraîner de force » le mouvement Amal dans un conflit « qu'il ne veut pas », alors que Téhéran et le parti chiite s'opposent à la décision des autorités libanaises de désarmer ce dernier.
Le gouvernement libanais a chargé l'armée libanaise début août d'élaborer un plan pour désarmer le Hezbollah afin de revenir au monopole de l’État sur les armes, après la dernière guerre contre Israël. Une mesure que le parti chiite conteste tant que l'armée israélienne maintient une présence au Liban-Sud et continue de le bombarder.
« Il est clair que l’Iran tente d’entraîner le mouvement Amal de force dans le conflit. Bien que le président du Parlement, Nabih Berry, ait parlé clairement de l’exclusivité des armes, le Hezbollah et l’émissaire iranien (Ali Larijani, en déplacement à Beyrouth la semaine dernière, NDLR), ont réaffirmé leur alliance avec Amal et rejeté le désarmement, ce qui signifie que le Hezbollah et l’Iran veulent entraîner Amal de force dans un conflit qu'il ne veut pas », a souligné M. Gemayel dans un entretien accordé au journal koweïtien al-Siyassa et publié mardi.
« La balle est entre les mains de la communauté chiite »
Le leader chrétien a poursuivi qu' « il n’y a donc d’autre choix que de remettre les armes, soit en exerçant une pression sur l’Iran, soit en laissant l’État libanais assumer ses responsabilités ». « L’écrasante majorité du peuple libanais, représentée au Parlement, soit environ quatre-vingt-dix pour cent de la Chambre, soutient l’exclusivité des armes aux mains de l’armée », a ajouté M. Gemayel, estimant qu’« il n’est pas permis à dix pour cent des députés de prendre le Parlement en otage ».
« Les armes du Hezbollah n’ont pas pu protéger le Liban, mais ont plutôt attiré la guerre, puisque le pays est désormais sous occupation israélienne », a affirmé le chef des Kataëb. « Il n’existe dans aucun pays au monde une résistance aux côtés de l’armée. Il est donc temps qu’il y ait un changement de méthode et que les armes soient exclusivement sous le contrôle de l’armée libanaise, comme c’est le cas partout ailleurs », a-t-il plaidé. Selon lui, « ce qui est demandé au Hezbollah et au mouvement Amal, c’est de comprendre que certains les entraînent tantôt dans des guerres contre Israël, tantôt contre l’intérieur libanais, ou encore les uns contre les autres ». « Il est temps de dire à ce camp : ça suffit », a-t-il martelé. Pour Samy Gemayel, la solution « se trouve au sein de la communauté chiite, qui doit se libérer de l’emprise de l’Iran et de sa volonté de l’entraîner dans davantage de violences ». « La balle est désormais entre les mains de la communauté chiite », a-t-il dit.
Le chef des Kataëb a dans ce cadre affirmé qu'il attendait le plan de l’armée. Il a néanmoins estimé que « les choses ne seront pas faciles tant que la communauté chiite ne se sera pas soulevée contre le diktat de Téhéran ». Il a aussi regretté « que l’Iran ait jeté le trouble dans les relations du Liban avec les pays du Golfe à cause du Hezbollah et des tentatives d’exporter de la drogue du Liban vers les pays du Conseil de coopération du Golfe ». « Notre objectif aujourd’hui est de rétablir ces relations, et c’est ce que fait l’autorité actuelle menée par le président de la République Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, qui accomplissent un travail remarquable et prennent des décisions très courageuses », a-t-il ajouté. Et Samy Gemayel de conclure : « Les amis arabes sont appelés à se tenir à nos côtés en cette période, afin que nous puissions ramener le Liban dans le giron arabe ».




Berry a tellement profité de ses alliés qu’il serait juste qu’il tombe quand ces derniers tombent, rien d’anormal à sa position peu enviable. N’est ce pas ça la solidarité.
10 h 17, le 21 août 2025