Des Palestiniens déplacés transportent des colis alimentaires alors qu'ils pillent des camions transportant de l’aide humanitaire à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 août 2025. (Crédit : AFP)
Israël mènerait actuellement des discussions avec le Soudan du Sud pour une éventuelle « relocalisation » de Palestiniens provenant de la bande de Gaza, dans le cadre d’un effort plus large visant à faciliter l’émigration massive depuis le territoire dévasté par 22 mois de guerre.
Six personnes au fait du dossier ont confirmé ces pourparlers à l'agence Associated Press (AP). On ignore le stade qui a été atteint dans ces discussions, mais des organisations de défense des droits humains et une grande partie de la communauté internationale ont critiqué des propositions similaires, les considérant potentiellement comme des expulsions forcées en violation du droit international. Si elle venait à être mise en oeuvre, cette initiative déplacerait des personnes d’une région ravagée par la guerre et menacée par la famine vers une autre confrontée à des difficultés similaires. Le Soudan du Sud est actuellement plongé dans un conflit civil, certaines parties du pays subissant également une grave insécurité alimentaire.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est déclaré favorable à la « migration volontaire » des habitants de Gaza, reprenant une vision également promue par l’ex-président américain Donald Trump. M. Netanyahu avait récemment affirmé dans un entretien que « la bonne chose à faire, même conformément aux lois de la guerre telles que je les connais, est de permettre à la population de partir, puis d’entrer avec toute la puissance contre l’ennemi resté sur place ».
Le Soudan du Sud pourrait tirer un avantage politique à accueillir des Palestiniens, en renforçant ses liens avec Israël et en obtenant potentiellement le soutien des États-Unis, selon Joe Szlavik, fondateur d’un cabinet de lobbying américain travaillant avec le Soudan du Sud. Il a indiqué que des responsables israéliens prévoient de se rendre dans le pays pour évaluer la possibilité d’installer des camps temporaires, les coûts devant vraisemblablement être assumés par Israël. Aucune date n’a pour l’heure été annoncée pour cette visite. M. Szlavik a ajouté que les États-Unis étaient informés des discussions avec Israël mais n’y étaient pas directement impliqués.
Edmund Yakani, dirigeant d’un groupe de la société civile sud-soudanaise, a confirmé des discussions avec des responsables concernant ces pourparlers. Deux responsables égyptiens ont indiqué à l’AP que l’Égypte était au courant des discussions et faisait pression sur le Soudan du Sud pour qu’il n’accepte pas la proposition israélienne.
Une source israélienne a confirmé ces projets au quotidien israélien Haaretz, évoquant « des discussions discrètes visant à trouver un pays prêt à accueillir des habitants de Gaza, mais il n’y a pas eu de progrès au-delà de ce stade ».
Des informations pour des « relocalisations » similaires dans d'autres pays avaient déjà circulé ces derniers mois, notamment concernant une étude réalisée par des consultants du Boston Consulting Group (BCG) proposant un plan visant à « relocaliser temporairement » des Palestiniens de la bande de Gaza en Somalie et au Somaliland, avait rapporté la semaine dernière le Financial Times, citant des sources proches du dossier.

