Le président syrien Ahmed al-Sharaa assiste à la cérémonie de signature d'un protocole d'accord pour l'investissement en Syrie, à Damas, en Syrie, le 6 août 2025. Photo d'illustration, Khalil Ashawi/Reuters
Une haut responsable de l’administration kurde du nord-est de la Syrie a rencontré le chef de la diplomatie syrienne à Damas, ont déclaré mardi des responsables des deux parties, peu après que le gouvernement a annoncé se retirer de pourparlers prévus sur l'intégration kurde au sein de l'Etat syrien. Le gouvernement avait annoncé samedi se retirer de ces négociations, prévues à Paris, et exigé que toute discussion future se tienne à Damas après une conférence organisée par l'administration kurde, avec la participation inédite de plusieurs communautés minoritaires opposées aux orientations des dirigeants islamistes du pays.
Selon la source kurde, qui a requis l'anonymat, la rencontre « s’est tenue lundi soir, à la demande du gouvernement » entre une responsable de l’administration autonome, Elham Ahmad, et le ministre des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, rendez-vous confirmé à l'AFP par une source gouvernementale syrienne. Les tensions sont vives entre les autorités issues de l'alliance rebelle qui a chassé début décembre l'ex-président Bachar al-Assad et la minorité kurde, qui contrôle de vastes territoires du nord et du nord-est, où elle dispose d'une administration autonome, que le nouveau pouvoir souhaite intégrer à l'Etat syrien.
Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS, bras armé des Kurdes soutenues par Washington), et le président par intérim Ahmad al-Chareh ont conclu le 10 mars un accord en ce sens. Plusieurs sessions de négociation ont eu lieu depuis, mais celles-ci piétinent, les Kurdes réclamant notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.
Les discussions de lundi se sont concentrées « sur la recherche d’une formule adaptée à la décentralisation, sans calendrier précis » pour sa mise en oeuvre, selon la source kurde. Ces échanges visaient, selon la même source, à réaffirmer « la poursuite du processus de négociation via des commissions syro-syriennes sous supervision internationale ». Les deux parties sont convenues qu’ »il n’y a pas de place pour une option militaire ».
Paris et Washington pilotent les négociations entre les deux parties. La réunion prévue à Paris devait, selon M. Abdi discuter d’un mécanisme d’intégration de ses forces au sein du ministère syrien de la Défense, un point mentionné dans l'accord du 10 mars.


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