Des soldats mexicains montant la garde dans une rue après l'arrestation de deux membres du cartel Sinaloa à Culiacan, le 19 fevrier 2025. Photo REUTERS / Jesus Bustamante
Donald Trump a demandé à l'armée de se préparer à cibler des cartels de drogue sud-américains, dont plusieurs ont été placés par Washington sur la liste des organisations terroristes, rapportent vendredi les médias américains.
Le président américain a ordonné au Pentagone de commencer à utiliser la force militaire contre les cartels désignés comme organisations terroristes, affirme le New York Times.
Cet ordre établit, selon le quotidien new-yorkais, une base officielle pour mener des opérations militaires directes en mer et sur des territoires étrangers contre les cartels.
Le Wall Street Journal explique de son côté que le président a pour l'instant simplement demandé au ministère de la Défense de préparer des options pour ce faire.
Le recours aux forces spéciales et à des unités de renseignement figure parmi les options envisagées, et toute action serait coordonnée avec les pays concernés, ajoute le WSJ.
Interrogé par l'AFP, le Pentagone a renvoyé les questions à la Maison Blanche.
Sans confirmer les informations de presse, une porte-parole de l'exécutif américain, Anna Kelly, a souligné dans un communiqué que la « priorité absolue (de Donald Trump) était de protéger le territoire national, et c'est pourquoi il a pris la mesure audacieuse de désigner plusieurs cartels et gangs comme organisations terroristes étrangères ».
Dans un communiqué publié vendredi sur X, l'ambassade des États-Unis au Mexique a indiqué que Washington entendait « utiliser tous les moyens à sa disposition » pour combattre le trafic, sans toutefois évoquer explicitement une intervention armée dans ce pays et en soulignant sa volonté de « collaborer en partenaires souverains ».
Le ministère des Affaires étrangères mexicain a souligné dans un communiqué que le pays « n'accepterait pas la participation des forces militaires américaines sur notre territoire ».
Les États-Unis ont désigné en février le gang vénézuélien Tren de Aragua, le cartel mexicain de Sinaloa et six autres groupes de narcotrafiquants comme organisations terroristes.
L'administration Trump a ajouté en juillet à cette liste le « Cartel de los Soles », qu'elle a décrit comme un gang vénézuélien dirigé par le président Nicolas Maduro pour soutenir le narcotrafic vers les États-Unis.
Les États-Unis ont annoncé jeudi avoir doublé à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de M. Maduro, inculpé par la justice américaine de trafic de drogues et dont la réélection n'a pas été reconnue par Washington.
« Pas d'invasion du Mexique »
En mars, dans son discours devant le Congrès, Donald Trump avait promis de faire la « guerre » aux cartels mexicains de la drogue, parlant d'une « grave menace » pour la « sécurité nationale » des États-Unis.
Son secrétaire d'État, Marco Rubio, a expliqué jeudi dans une interview à la chaîne de télévision catholique EWTN que la désignation des cartels comme organisations terroristes permettait « de cibler leurs opérations et d'utiliser d'autres éléments du pouvoir américain, les agences de renseignement, le ministre de la Défense, peu importe, pour viser ces groupes ».
« Nous devons commencer à les traiter comme des organisations terroristes armées, et non simplement comme des trafiquants de drogue », a ajouté M. Rubio. « Ce n'est plus une question de maintien de l'ordre. Cela devient une question de sécurité nationale. »
En réponse aux informations parues dans la presse, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a assuré vendredi qu'il n'y aurait « pas d'invasion du Mexique » par des militaires américains.
« Les États-Unis ne vont pas venir au Mexique avec leurs militaires ; nous coopérons, collaborons, mais il n'y aura pas d'invasion, cela est écarté, absolument écarté, et de plus, nous l'avons exprimé dans tous les appels : ce n'est pas permis, ni prévu par aucun accord », a-t-elle martelé.
Mme Sheinbaum a multiplié les efforts pour montrer à Donald Trump que son pays luttait efficacement contre les cartels, qu'il accuse de saturer les États-Unis de drogues, en particulier de fentanyl, un puissant opioïde.


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