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Dernières Infos - Guerre Au Soudan

Abou Dhabi dément les « fausses » accusations du Soudan sur la destruction d'un avion émirati transportant des mercenaires


Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly (à gauche) accueillant son homologue soudanais Kamil Idris à son arrivée à l'aéroport international du Caire, dans la capitale égyptienne, le 7 août 2025. Photo AFP

Un responsable émirati a démenti jeudi les accusations de l'armée soudanaise concernant un avion émirati transportant des mercenaires colombiens, qu'elle affirme avoir abattu mercredi au Darfour, dans l'ouest du Soudan ravagé par la guerre. 

Mercredi, la télévision d'Etat soudanaise avait rapporté que l'armée de l'air soudanaise avait détruit un avion des Emirats arabes unis convoyant des mercenaires colombiens, dont au moins 40 ont été tués, à son atterrissage dans un aéroport contrôlé par les paramilitaires au Darfour.  « Ces allégations infondées (...) sont entièrement fausses, ne reposent sur aucune preuve et s'inscrivent dans la continuité de la campagne de désinformation et de diversion menée par le Soudan », a déclaré un responsable émirati à l'AFP, alors que son pays est régulièrement accusé de soutenir les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) en guerre contre l'armée au Soudan. L'appareil « a été bombardé et complètement détruit » lors de son atterrissage à l'aéroport de Nyala, dans le Darfour-Sud, avait déclaré à l'AFP une source militaire soudanaise, sous couvert d'anonymat.

Le président colombien Gustavo Petro a déclaré que son gouvernement tentait de déterminer combien de Colombiens avaient péri dans l'attaque. «  Nous verrons si nous pouvons rapatrier leurs corps « , a-t-il écrit sur X. Cet aéroport a récemment été bombardé à plusieurs reprises par l'armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, engagée depuis avril 2023 dans une guerre dévastatrice contre les FSR de son adjoint devenu rival, Mohamed Daglo.  

« Manipuler le récit »

En juin, trois témoins avaient rapporté qu'un avion cargo y avait été bombardé peu après avoir atterri. Comme d'autres conflits, celui du Soudan est exacerbé par les ingérences étrangères, souvent menées en sous-main. Dans ce contexte, l'armée accuse depuis longtemps les Emirats de fournir aux paramilitaires des armes, notamment des drones, via l'aéroport de Nyala. Abou Dhabi a toujours nié toute implication, malgré plusieurs rapports d'experts de l'ONU et d'organisations internationales.

Les Emirats arabes unis ont souligné jeudi que « l'une des parties en guerre » était à l'origine des dernières accusations, laissant entendre que l'armée « avait tout intérêt à manipuler le récit ».  Lundi, le gouvernement soudanais aligné sur l'armée avait accusé les Emirats de recruter et financer des mercenaires colombiens pour combattre aux côtés des paramilitaires, affirmant détenir des documents le prouvant.  Des rapports ont fait état fin 2024 de la présence de combattants colombiens au Darfour, et ont été confirmés par des experts de l'ONU. 

Cette semaine, les Forces conjointes - une coalition pro-armée active au Darfour - ont rapporté la présence de plus de 80 mercenaires colombiens aux côtés des FSR à El-Facher, dernière capitale du Darfour encore tenue par l'armée.  

« Etat agresseur »

Des mercenaires colombiens, souvent d'anciens soldats ou guérilleros, sont apparus dans d'autres conflits à travers le monde, et ont déjà été recrutés par les Emirats pour des opérations au Yémen et dans le Golfe. La guerre au Soudan, qui entre dans sa troisième année, a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes et plongé ce pays pauvre dans la pire crise humanitaire actuelle dans le monde, selon l'ONU.

Depuis la perte de Khartoum, reprise par l'armée en mars, les paramilitaires cherchent à consolider leurs positions au Darfour, qu'ils contrôlent déjà en grande partie. Le mois dernier, la dernière tentative des Etats-Unis de trouver une issue au conflit a échoué, l'Egypte et les Emirats arabes unis, considérés comme des acteurs externes clés, s'étant opposés sur le rôle que les parties belligérantes joueraient dans un éventuel processus de paix.

En mai, le gouvernement soudanais a déclaré les Emirats « Etat agresseur » et rompu ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi, qui a rétorqué que cette administration « ne représente pas le gouvernement légitime du Soudan ». Ce même mois, la Cour internationale de justice de l'ONU a rejeté la plainte du Soudan contre les Emirats pour complicité présumée de génocide, estimant ne pas être compétente.

Un responsable émirati a démenti jeudi les accusations de l'armée soudanaise concernant un avion émirati transportant des mercenaires colombiens, qu'elle affirme avoir abattu mercredi au Darfour, dans l'ouest du Soudan ravagé par la guerre. Mercredi, la télévision d'Etat soudanaise avait rapporté que l'armée de l'air soudanaise avait détruit un avion des Emirats arabes unis convoyant des mercenaires colombiens, dont au moins 40 ont été tués, à son atterrissage dans un aéroport contrôlé par les paramilitaires au Darfour.  « Ces allégations infondées (...) sont entièrement fausses, ne reposent sur aucune preuve et s'inscrivent dans la continuité de la campagne de désinformation et de diversion menée par le Soudan », a déclaré un responsable émirati à l'AFP, alors que son pays...