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La guerre des mondes


La guerre des mondes

Philippe Claudel invente (à peine) une farce tragique, dont les « héros » sont Trump, Elon Musk, et Poutine.

On rit, à défaut d’en pleurer, tant, aussi gros soit volontairement le trait satirique adopté par Philippe Claudel, la fiction qu’il dépeint paraît de plus en plus proche de la réalité que le monde vit tous les jours depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Avec son lot d’injures, d’outrances, de cynisme absolu, sa mégalomanie, son mépris de tous les droits, traités, organismes internationaux, son farouche travail de sape contre tous les contre-pouvoirs prévus par la Constitution des États-Unis, lorsque ceux-ci étaient encore une démocratie. À lire certaines pages de Wanted, on a l’impression de lire les journaux, de regarder la télé. Aussi déments soient-ils, et grossiers, les discours de Trump, ses interviews, ont tous les risques d’être authentiques.

Mais, aussi ancré dans la réalité soit-il, Wanted demeure une fiction, où l’Académicien Goncourt s’est plu à pousser le curseur aussi loin que possible, du côté du thriller. Avec, comme point de départ, un Elon Musk complètement abruti, pas encore fâché avec son « ami » Trump, qui décide, sans consulter personne, de mettre à prix la tête de personnalités russes de premier plan : 500 000 dollars pour la tête de Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, 1 million pour celle du ministre des Affaires étrangères, le très soviétique Sergueï Lavrov, et un milliard de dollars pour Vladimir Poutine soi-même. Tout ça, dans la grande tradition américaine des chasseurs de primes, rançons et exécutions sommaires. Et ça va marcher ! Et l’ordre du monde, du coup, va se trouver de nouveau complètement bouleversé, en mieux, si ce n’est que Musk (prix Nobel de la Paix !) et son patron Trump n’auront désormais plus d’adversaires en face d’eux, donc plus de limites. On n’en dira pas plus, afin de préserver l’espèce de suspense que Philippe Claudel a souhaité créer.

En épigraphe de son livre, Claudel a placé quelques phrases d’Istvan Meszaros, extraites de Satire and Reality, dont celle-ci : « Voici bien longtemps que nous ne vivons plus dans la réalité : nous vivons simplement dans une fable qui a pris les apparences du réel. » Puissions-nous nous réveiller, sortir de ce cauchemar, et Wanted redevenir un simple roman...

Wanted de Philippe Claudel, Stock, 2025, 140 p.

Philippe Claudel invente (à peine) une farce tragique, dont les « héros » sont Trump, Elon Musk, et Poutine. On rit, à défaut d’en pleurer, tant, aussi gros soit volontairement le trait satirique adopté par Philippe Claudel, la fiction qu’il dépeint paraît de plus en plus proche de la réalité que le monde vit tous les jours depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Avec son lot d’injures, d’outrances, de cynisme absolu, sa mégalomanie, son mépris de tous les droits, traités, organismes internationaux, son farouche travail de sape contre tous les contre-pouvoirs prévus par la Constitution des États-Unis, lorsque ceux-ci étaient encore une démocratie. À lire certaines pages de Wanted, on a l’impression de lire les journaux, de regarder la télé. Aussi déments soient-ils, et grossiers, les...
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