Les oliviers plantés en hommage aux victimes du drame. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
À l’occasion du cinquième anniversaire de l’explosion meurtrière du 4 août 2020, une veillée de prière s’est tenue dimanche soir à Beyrouth. Lors de la cérémonie, marquée par la bénédiction d’oliviers plantés en mémoire des victimes, un message du pape Léon XIV a été lu devant les fidèles.
Dans ce texte, le souverain pontife a exprimé sa « compassion à tous ceux qui ont le cœur meurtri », à ceux « qui souffrent de la perte de leurs proches », ainsi qu’à ceux qui ont été « blessés ou qui ont tout perdu à la suite de cette catastrophe ».
Dans une méditation sur la mort et l’espérance, Léon XIV a rappelé les paroles du Christ à Marthe lors de la mort de son frère Lazare : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. »
Le pape invite ainsi les fidèles à « regarder vers le ciel », à l’image du Cèdre du Liban, « symbole de votre pays ». « J’implore le Père miséricordieux d’accueillir, auprès de lui, dans sa Maison de repos, de lumière et de paix, tous ceux qui ont perdu la vie », a déclaré le pape, soulignant que « le Liban bien-aimé et souffrant demeure au cœur de (ses) prières ». Il a confié « chacun des Libanais à la protection et à l’intercession maternelle de la Vierge Marie, ainsi qu’à celle de saint Charbel et des autres saints libanais », avant de conclure son message en accordant sa bénédiction apostolique, « en signe de réconfort ».
Présent à la cérémonie, le nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, a rappelé que « les Libanais et les familles des victimes sont toujours à la recherche de la vérité et de la justice, qui doivent surtout prévaloir ». Il a estimé qu’« un peu d’espoir renaît, car l’enquête avance, même si elle reste confrontée à des intérêts contradictoires ». Et d’ajouter : « Il reste encore beaucoup à faire. »
Le 4 août 2020, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire a dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise, faisant 235 morts et 6 500 blessés. Cette catastrophe, devenue le symbole de la culture de l'impunité, a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d'ammonium servant d'engrais, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables. Le président Joseph Aoun a déclaré lundi que l'Etat libanais était « engagé à dévoiler toute la vérité, peu importent les obstacles ou les positions élevées impliquées ».

