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Dernières Infos - Tensions

En Israël, la communauté druze s'active en faveur des druzes syriens cibles de violences


Wafa Ziadah, une druze originaire d'Abu Snan, participe à une collecte de dons, notamment de nourriture, de médicaments et d'autres biens, dans un centre communautaire de Julis, dans le nord d'Israël, afin de les envoyer à la ville druze de Sweida en Syrie, le 28 juillet 2025. Photo REUTERS/Ali Sawafta

Dans le paisible village de Julis, en Galilée, des Israéliens druzes s'organisent pour venir en aide à leurs coreligionnaires Syriens, pris fin juillet dans des violences meurtrières dans la Syrie post-Assad. Le centre communautaire du village, lieu de pèlerinage de la communauté druze --minorité ésotérique issue d'une branche du chiisme-- a été rebaptisé "cellule de crise de la communauté druze", comme le signale une pancarte en hébreu.

Des bénévoles s'y activent, entre un centre d'appel mis en place pour recueillir les dernières informations en provenance de Syrie, un coin logistique pour coordonner la collecte et la distribution de l'aide, et une cellule de communication chargée d'une campagne de sensibilisation en ligne. L'enjeu est d'aider « nos frères et soeurs » en Syrie, explique le chef spirituel des druzes d'Israël, cheikh Mowafaq Tarif.

Un cessez-le-feu a mis fin le 20 juillet à une semaine d'affrontements intercommunautaires dans la province syrienne à majorité druze de Soueida, qui ont fait des centaines de morts, mais la situation reste tendue et l'accès difficile à cette région du sud syrien. Les habitants dénoncent un blocus imposé selon eux par les forces gouvernementales syriennes, ce que les autorités démentent. Plusieurs convois d'aide arrivent sporadiquement dans la province depuis le cessez-le-feu, dont un jeudi dépêché par l'ONU.

« Semi civil »


« Dès qu'on a entendu parler de la cellule de crise, on a accouru », confie à l'AFP Sleeman Amer, à Julis. L'ingénieur de 35 ans examine une carte de la province de Soueida, où, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les violences ont fait plus de 1.400 morts, majoritairement druzes.

« Nous aidons dans la collecte d'informations et dans les recherches. Combien de villages ont été attaqués? Combien de personnes tuées? Combien kidnappées? », explique-t-il. 

Israël, qui compte plus de 150.000 druzes en incluant ceux vivant sur le plateau du Golan occupé et annexé, se pose en défenseur de cette minorité, et a bombardé les forces syriennes lors des affrontements qui ont opposé druzes et bédouins sunnites, avant l'intervention de forces gouvernementales.

« En tant que druze vivant en Israël, nous avons le pouvoir d'influencer les choses (...) car c'est un pays démocratique », affirme Akram, un autre bénévole qui requiert l'anonymat, ayant récemment servi dans l'armée israélienne. Il dit craindre que le président intérimaire syrien Ahmad al-Chareh --arrivé au pouvoir en renversant en décembre Bachar al-Assad grâce à une coalition hétéroclite de rebelles et de jihadistes-- n'ait pas rompu avec son passé de combattant islamiste. Le bénévole déplore aussi un manque de mobilisation internationale en faveur des druzes syriens.

Sur les murs qui l'entourent, des affiches traitent M. Chareh de « terroriste en costume », en écho aux mises en cause israéliennes du nouveau pouvoir syrien. Selon Akram, le travail de la cellule de crise est « semi civil », en raison de la présence de volontaires qui peuvent utiliser leur expérience et savoir-faire militaire pour la collecte d'informations et la logistique.


Aide larguée par Israël


Dans un entrepôt voisin, des dizaines de personnes, dont des Juifs israéliens, emballent des centaines de colis de denrées non périssables et couches. Le cheikh Tarif affirme que cette aide est expédiée en Syrie par avions, d'autres marchandises achetées par la communauté étant acheminées par l'intermédiaire du Croissant-Rouge.

L'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante les modalités du transfert de l'aide, et l'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire. Mais le ministère israélien de la Santé a publié sur les réseaux sociaux des photos de palettes d'aide parachutées, selon lui, dans la région de Soueida.

Pour certains analystes, Israël instrumentalise la question druze à des fins militaires, utilisant ce prétexte pour maintenir les forces gouvernementales syriennes aussi loin que possible de la frontière entre les deux territoires voisins.

Mais à Julis, les habitants invoquent une solidarité communautaire transfrontalière. « Les gens se portent volontaires avec joie, en toute générosité », affirme à l'AFP le cheikh Anwar Hamudi, 62 ans. « Même si c'est un autre pays, c'est notre communauté », renchérit une étudiante qui ne donne pas son nom.

Dans le paisible village de Julis, en Galilée, des Israéliens druzes s'organisent pour venir en aide à leurs coreligionnaires Syriens, pris fin juillet dans des violences meurtrières dans la Syrie post-Assad. Le centre communautaire du village, lieu de pèlerinage de la communauté druze --minorité ésotérique issue d'une branche du chiisme-- a été rebaptisé "cellule de crise de la communauté druze", comme le signale une pancarte en hébreu.Des bénévoles s'y activent, entre un centre d'appel mis en place pour recueillir les dernières informations en provenance de Syrie, un coin logistique pour coordonner la collecte et la distribution de l'aide, et une cellule de communication chargée d'une campagne de sensibilisation en ligne. L'enjeu est d'aider « nos frères et soeurs » en...