Un drapeau du groupe État islamique. Photo d'illustration Delil Souleiman/AFP.
Des combattants affiliés au groupe État islamique ont tué jeudi 15 personnes, des agriculteurs et des enfants lors d'une attaque armée suivie de l'explosion d'une mine dans l'État de Borno, au nord-est du Nigeria, ont rapporté vendredi deux membres de milices anti-jihadistes à l'AFP.
Des combattants de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont ouvert le feu sur un groupe de paysans et d'enfants qui circulaient à bord d'une camionnette ouverte et d'une mobylette à la sortie du village de Gurnowa, près de la ville garnison de Monguno, selon les milices. Après l'attaque, une paysanne et ses trois enfants qui fuyaient ont été tués quand leur charrette a roulé sur une mine antipersonnel posée par les jihadistes près du lieu de l'attaque, avant leur retrait, ont précisé les mêmes sources.
« Nos hommes ont évacué 11 corps vers Monguno, tandis qu'une autre équipe est partie récupérer la femme et ses trois enfants », a déclaré Babakura Kolo, un chef de milice anti-jihadiste qui soutient l'armée nigériane dans la lutte contre les jihadistes dans la région. Les 11 victimes rentraient à Monguno après avoir travaillé dans leurs champs lorsqu'elles ont été attaquées par les jihadistes, a ajouté Ibrahim Liman, un autre membre de la milice, confirmant ce bilan. Les insurgés se sont enfuis avec la camionnette et la mobylette des agriculteurs tués, ont indiqué les deux miliciens.
« La femme et ses trois enfants avaient quitté leur champ après avoir entendu des coups de feu et retournaient à Monguno lorsque la charrette qu'ils poussaient a roulé sur un engin explosif enterré par les terroristes, les tuant sur le coup », a expliqué M. Liman. D'après les images des 11 victimes consultées par un journaliste de l'AFP, la plupart ont été tuées d'une balle dans la tête, dont deux femmes et deux enfants.
Gurnowa, situé à cinq kilomètres de la ville fortifiée de Monguno, est déserté depuis plusieurs années à la suite d'attaques jihadistes, ses habitants ayant été contraints de se réfugier dans des camps de fortune à Monguno. Monguno, situé à 140 km au nord de la capitale régionale Maiduguri, abrite des dizaines de milliers de déplacés internes ayant fui leur domicile pour échapper aux violences, et vivant dans de vastes camps sous protection militaire
L'ISWAP et le groupe rival Boko Haram ont récemment intensifié leurs attaques contre les bases militaires dans le nord-est du Nigeria et notamment dans l'Etat de Borno, épicentre du conflit jihadiste qui a démarré en 2009. Selon les Nations Unies, plus d'un million de personnes risquent de souffrir de la faim dans le nord-est du pays en raison de la résurgence des attaques jihadistes, de la baisse massive de l'aide internationale et de la flambée du coût de la vie. Le conflit a fait plus de 40.000 morts et plus de deux millions de personnes déplacées, selon l'ONU.


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