Le niveau d'eau a baissé dans le réservoir situé derrière le barrage Amir Kabir, le long de la rivière Karaj, dans la chaîne montagneuse d'Alborz, au nord de l'Iran, le 1er juin 2025. Photo d'archives AFP/ATTA KENARE
Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti jeudi que les barrages alimentant la capitale Téhéran pourraient s'assécher dans les mois à venir si la consommation d'eau n'était pas réduite.
« Si nous ne pouvons pas gérer la situation à Téhéran, si les gens ne coopèrent pas et que nous ne parvenons pas à contrôler la consommation, il n'y aura plus d'eau derrière nos barrages », a déclaré M. Pezeshkian, en visite à Zanjan, dans le nord-ouest de l'Iran. Il a ajouté que les réserves pourraient être épuisées d'ici octobre, premier mois de l'automne dans le calendrier persan, lorsque les écoles rouvrent, et que la demande augmente généralement avant le début de la saison des pluies.
Selon une infographie diffusée par l'agence de presse officielle Irna, les réservoirs desservant Téhéran sont actuellement à 20% de leur capacité. A l'échelle nationale, le niveau moyen des réservoirs est de seulement 44%. Selon la Société provinciale d'approvisionnement en eau de Téhéran, les niveaux des réservoirs ont chuté à « leur plus bas niveau depuis un siècle ».
Les autorités ont exhorté les habitants à installer des réservoirs d'eau et des pompes pour faire face aux perturbations de l'approvisionnement. De nombreux foyers ont signalé des coupures récurrentes ces dernières semaines. Le quotidien réformateur Shargh a toutefois rapporté qu'« environ 86,5% des ressources en eau du pays sont consommées par l'agriculture », alors que « les responsables accusent à tort » les consommateurs « d'être la cause du stress hydrique ».
Aucune mesure formelle de rationnement de l'eau n'a été prise. En revanche, l'électricité est coupée pendant au moins deux heures par jour dans certains quartiers à travers le pays. Des responsables ont reconnu que dans certaines zones, l'électricité a été interrompue plus d'une fois par jour pour réduire la pression sur le réseau.
La semaine dernière, Mohammad Ali Moallem, le directeur du barrage de Karaj, l'une des principales installations alimentant Téhéran, a déclaré à l'agence de presse Mehr que « bien que la centrale hydroélectrique soit actuellement opérationnelle, il est probable que, dans les deux prochaines semaines, le niveau d'eau baisse au point que la production d'électricité ne sera plus possible ».


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