Le chef du Législatif, Nabih Berry, le 15 juillet 2025 au Parlement à Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a dénoncé mercredi, dans un entretien au quotidien al-Joumhouriya, l'évocation d'une « guerre israélienne élargie » au Liban, estimant que ceux qui en parlent affichent une attitude « contraire à l’esprit de responsabilité nationale ». Il a également salué la manière dont le président de la République, Joseph Aoun, gère le dossier du désarmement du Hezbollah, à l'heure où le chef de l'Etat fait l'objet de critiques à ce sujet, notamment de la part des fervents détracteurs du Hezbollah comme les Forces libanaises (FL), qui militent pour un ultimatum au parti-milice.
« Quelles que soient les intentions de l'Etat hébreu, certaines personnes issues de la scène interne libanaise font exprès de brandir de manière répétitive la menace d'une guerre (israélienne) élargie au Liban. Cela est étonnant et contraire à l’esprit de responsabilité nationale », a déclaré Nabih Berry.
Dans une interview accordée mardi au quotidien al-Chark al-Awsat, le chef des FL, Samir Geagea, avait estimé que le Liban est face à deux options : soit prendre une décision gouvernementale de retirer les armes du Hezbollah et dissoudre les organisations armées dans le pays, soit devoir faire face à « un sale été ». Le parti Kataëb a tenu mardi un discours similaire, dénonçant dans un communiqué le « rejet (du Hezbollah) de toute discussion concernant la question du désarmement » et prévenant qu'il tiendrait pour responsable le mouvement chiite de toute éventuelle dégradation de la situation sécuritaire ou politique.
La question du désarmement du Hezbollah polarise l'ensemble de la scène politique libanaise, alors que les pressions internationales s'accentuent depuis l'entrée en vigueur le 27 novembre 2024 du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël. Washington exige un calendrier précis et une position claire et publique concernant la remise des armes et les modalités de la mise en œuvre du processus. Le parti pro-iranien, qui persiste dans son refus de remettre son arsenal ou de fixer un calendrier à cet effet, est catégorique dans son rejet d’un nouvel accord, insistant sur la nécessité d’obliger l'Etat hébreu à appliquer celui déjà conclu.
« Bonne » gestion de Aoun pour le armes du Hezbollah
Nabih Berry a par ailleurs salué l’approche du président Joseph Aoun concernant la gestion du dossier du retrait des armes du Hezbollah, soulignant que « la manière dont il gère cette question est bonne ».
Le chef de l’État mise sur la carte du dialogue avec le parti chiite, craignant des débordements sécuritaires, un choix critiqué à maintes reprises par Samir Geagea, qui estime que les craintes du président concernant un risque de guerre civile causé par le désarmement du Hezbollah sans son consentement sont « excessives ». Le gouvernement devrait se pencher sur ce dossier épineux lors d'un Conseil des ministres prévu mardi.
Le chef du Législatif a par ailleurs démenti l'existence de désaccords entre lui et le Hezbollah.
Interrogé sur l’avertissement de l'émissaire américain Tom Barrack, selon lequel des mesures concrètes doivent être prises pour désarmer le parti chiite, M. Berry a estimé que les propos de M. Barrack « s’adressent au gouvernement ». « Pour ma part, je suis soucieux de poursuivre la recherche de solutions », a-t-il dit.
Tom Barrack a effectué plusieurs visites à Beyrouth ces dernières semaines durant lesquelles il a appelé les autorités libanaises à assumer pleinement leurs responsabilités dans le désarmement du Hezbollah. Washington attend désormais un mécanisme d’exécution concret et le début de la mise en œuvre du retrait de l'arsenal militaire du parti chiite.
Indépendance de la justice et restructuration bancaire
Interrogé sur la séance législative prévue jeudi, Nabih Berry a insisté sur la nécessité de promulguer les lois sur l'indépendance de la justice et sur la restructuration des banques. Il a par ailleurs estimé avoir fait « ce qu'il fallait », en tant que chef du Législatif, au niveau des réformes à mettre en place. Des réformes qui sont, selon lui, avant tout un besoin national, en plus d'être une demande de la communauté internationale.
Il s'est par ailleurs penché sur la situation des retraités et des contractuels, indiquant que ces derniers « vivent des conditions économiques difficiles ». « Leurs maigres salaires ne correspondant pas à ce qu'ils ont donné ni à leurs besoins. Il faut remédier à cette situation », a-t-il souligné.



On dirait que berri est plus yakee que donnie...
16 h 27, le 30 juillet 2025