Le leader druze Walid Joumblatt accueillant le mufti de la République Abdel Latif Deriane et une délégation de Dar el-Fatwa à son domicile. Photo Ani
L’ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a reçu lundi le grand mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane, accompagné d'une délégation de Dar el-Fatwa à son domicile situé dans le quartier Clemenceau, à Beyrouth.
Le chef du Parti démocratique libanais, Talal Arslane, et les autres muftis sunnites des régions libanaises étaient également présents lors de cette rencontre, à l'issue de laquelle le cheikh Deriane a affirmé que celle-ci s'était avérée « amicale et constructive » et qu'elle en appellerait d'autres, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
Dans un communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, les participants ont réaffirmé leur attachement à « l’unité nationale et islamique face à tous ceux qui veulent du mal au Liban et à la Syrie sœur », et rejeté « toute tentative de semer la discorde ». Ils ont dénoncé les « événements sanglants entre frères syriens dans la région de Soueida », les qualifiant d’« inacceptables et condamnables ».
Ils ont exprimé leur peine pour « les martyrs tombés lors de ces douloureux événements », et appelé « toutes les forces libanaises à œuvrer à la consolidation de l’État, de son peuple et de ses institutions, à travailler ensemble pour relancer l’État afin qu’il joue pleinement son rôle rassembleur, et à s’unir pour faire face à l’agression sioniste qui vise à la fois le Liban, la Syrie et d’autres pays arabes, dans le but de réaliser ses objectifs agressifs et ses projets confessionnels, sectaires et ethniques qui ne servent que les ennemis de nos pays, de nos sociétés et de notre nation arabe et islamique ».
Les participants ont également salué les « positions nationales et sages de l’ensemble des parties libanaises, qui ont appelé à l’unité du peuple syrien, à la prévention des conflits internes et à la préservation de l’unité de la Syrie, avec le même souci que celui qu’elles portent au Liban en tant que peuple, État et institutions ».
Enfin, ils ont souligné l’importance de « la souveraineté, de la liberté, de l’arabité et de l’indépendance du Liban, ainsi que de sa coopération avec l’ensemble des pays arabes frères et des États amis attachés au Liban, à son peuple et à son rôle civilisationnel dans la région ».
Cette réunion entre le leader druze et le plus haut représentant de l'islam sunnite au Liban s'inscrit dans un contexte marqué par les récentes tensions communautaires ayant donné lieu à des affrontements entre factions druzes et tribus bédouines sunnites, épaulées par les forces du gouvernement de Damas, qui ont fait plus de 1 200 morts en une semaine dans la région de Soueida, dans le sud de la Syrie.
Ce nouvel épisode de violences confessionnelles dans le pays voisin avait laissé craindre un possible débordement de ces tensions au Liban.


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